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PARKINSON: Médicaments et troubles compulsifs, quelles options

Actualité publiée il y a 3 années 6 mois 2 semaines
Expert Review of Neurotherapeutics

Addiction alimentaire, au jeu, au shopping ou au sexe, retour avec cette étude de l’University Health System Loyola sur ces effets secondaires de risque de troubles compulsifs, avec certains médicaments indiqués dans le traitement de la maladie de Parkinson. Une revue de neurologues américains experts, des options disponibles, pour gérer au mieux, pour chaque patient, le traitement et ses effets collatéraux.

Hypersexualité, jeu pathologique ou achats compulsifs, ces comportements obsessionnels et compulsifs apparaissent comme un effet secondaire rare mais sévère associé à la prise de médicaments agonistes des récepteurs de la dopamine. Utilisés pour traiter la maladie de Parkinson caractérisée par une production insuffisante de dopamine dans le cerveau, ces médicaments dopaminergiques ont déjà été mis en cause, en particulier par cette étude américaine publiée dans la revue JAMA Internal Medicine. On peut se souvenir également du cas de Requip® (2011), un médicament indiqué dans le traitement de la maladie de Parkinson, son fabricant, GSK, ayant été condamné pour les effets indésirables non mentionnés de « jeu pathologique et hypersexualité » sur la notice du produit. Cette nouvelle étude de neurologues de l'Université Loyola (Chicago) confirme et documente à nouveau ces effets secondaires.


Au moins l'un de ces troubles, identifié chez 14% des patients parkinsoniens : Il est vrai que les troubles compulsifs dont l'addiction au jeu, aux achats, à la sexualité et l'alimentation sont relativement fréquents dans la maladie de Parkinson. Cependant l'incidence de 14% est très probablement sous-estimée, les patients eux-mêmes sous-estimant la présence et la sévérité de ces troubles, en dépit des conséquences catastrophiques au plan personnel et pour la santé. Les auteurs précisent que :

· Ces troubles sont plus fréquents chez les hommes.

· Les hommes sont plus susceptibles de présenter une « hypersexualité » et une addiction au jeu,

· les femmes, de développer l'hyperphagie et une propension aux achats compulsifs.

· Les principales conséquences constatées sont les difficultés financières, le divorce et la perte d'emploi.

Le principal facteur de risque « médicamenteux » chez les patients atteints de Parkinson est l'utilisation d'agonistes de la dopamine (AD) (pramipexole/Mirapex® et ropinirole/Requip®). D'autres facteurs de risque comprennent un âge jeune, le tabagisme, l'abus d'alcool et des traits de personnalité comme l'impulsivité, les troubles obsessionnels compulsifs, la dépression et l'anxiété. La gestion de ces troubles est particulièrement difficile et il n'existe pas de directives de traitement spécifiques. Le traitement doit donc être individualisé. Parmi les options, le changement, la réduction ou l'arrêt des médicaments. Cependant les patients sont souvent réticents de crainte des symptômes de sevrage et de voir leurs symptômes de Parkinson empirer.

Les auteurs passent donc ici en revue les dernières thérapies pour lutter contre ces troubles impulsifs, dont des médicaments « d'ajustement » (antidépresseurs, antipsychotiques atypiques et certains antiépileptiques), la stimulation cérébrale profonde ou externe (visuel) et les thérapies cognitivo-comportementales.

Ils proposent également les critères de décision, pour chacune de ces options.

Les familles jouent un rôle essentiel. Les proches doivent être informés de ces effets secondaires des médicaments de Parkinson pour pouvoir « remonter » au médecin les changements dans les comportements de routine, l'irritabilité et l'impulsivité qui peuvent annoncer le développement de ces troubles compulsifs. Ils doivent également s'efforcer de protéger le patient des conséquences personnelles et financières possibles de ces comportements compulsifs.

Bref, sous l'angle de ces effets secondaires si fréquents, la prise en charge de la maladie apparaît bien comme nécessairement individualisée en fonction du profil neuropsychiatrique unique du patient, mais pluridisciplinaire dans toutes ses conséquences médicales, motrices, mentales et sociales.

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