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POLLUTION : C’est 800.000 décès supplémentaires par an en Europe et 8,8 millions dans le monde.

Actualité publiée il y a 4 mois 1 jour 7 min
European Heart Journal
La pollution atmosphérique provoque 800.000 décès supplémentaires par an en Europe

Les études épidémiologiques sur le sujet se suivent et se ressemblent, avec des données toujours plus alarmantes, mais rien n’y fait. La pollution atmosphérique provoque 800.000 décès supplémentaires par an en Europe et 8,8 millions dans le monde, révèle cette étude du centre médical universitaire de Mayence. Au moins 48% de ces décès sont liés à la maladie cardiovasculaire (cardiopathie ischémique et accident vasculaire cérébral). Ces données, présentées dans l’European Heart Journal, appellent à nouveau les gouvernements et les agences internationales à prendre des mesures urgentes pour réduire la pollution de l'air, notamment en réévaluant la législation sur la qualité de l'air et en abaissant les limites actuelles fixées par l'Union européenne.

 

Les chercheurs ont utilisé les données d'exposition issues d'un modèle simulant les processus chimiques atmosphériques et leur interaction avec la terre, la mer et les produits chimiques émis par des sources naturelles ou artificielles telles que la production d'énergie, l'industrie, la circulation routière et l'agriculture. Ils ont rapproché ces données d’exposition aux taux de mortalité et aux données de l'OMS (densité de population, localisation géographique, âge, facteurs de risque de plusieurs maladies et causes de décès). Enfin, les chercheurs se sont plus particulièrement intéressés aux niveaux de particules fines polluantes dont le diamètre est inférieur ou égal à 2,5 micromètres (PM2,5) et d'ozone.

 

Une mortalité beaucoup plus importante que prévu : avec cette nouvelle technique de modélisation, la pollution atmosphérique multiplie par 2 le nombre de décès qui lui sont directement liés, par rapport aux estimations annuelles précédentes menées en Europe.

Les chercheurs allemands utilisent ici une technique de modélisation des effets des différentes sources de pollution de l'air extérieur sur les taux de mortalité pour constater que la pollution aurait causé :

  • environ 790.000 décès supplémentaires dans l'ensemble de l'Europe en 2015,
  • 659.000 décès dans les 28 États membres de l'Union européenne ;
  • entre 40 et 80% de ces décès seraient liés à des maladies cardiovasculaires,
  • 20 à 40% liés aux maladies respiratoires.
  • environ 8,8 millions de décès supplémentaires dans le monde, au lieu des 4,5 millions précédemment estimés.
  • Dans le monde, 120 décès supplémentaires par an pour 100.000 habitants ;
  • en Europe et dans l'UE-28, 133 et 129 décès supplémentaires par an pour 100.000 habitants.

 

 

Des taux variables selon les pays : l’analyse par pays montre que la pollution de l’air entraîne un taux de décès en excès de :

  • 154 pour 100.000 en Allemagne (soit une réduction de 2,4 années d’espérance de vie),
  • 136 en Italie (réduction de 1,9 ans d’espérance de vie),
  • 150 Pologne (réduction de l’espérance de vie de 2,8 ans),
  • 98 au Royaume-Uni (réduction de l’espérance de vie de 1,5 ans),
  • 105 en France (réduction de l’espérance de vie de 1,6 ans) ;
  • ces taux de mortalité en excès sont particulièrement élevés dans les pays d’Europe orientale, tels que la Bulgarie, la Croatie, la Roumanie et l’Ukraine (plus de 200 par an pour 100.000 habitants).

 

 

Plus que le tabagisme : l’auteur principal, le professeur Thomas Münzel, du département de cardiologie du centre médical universitaire de Mayence met ces chiffres en perspective : « la pollution de l'air provoque plus de décès par an que le tabagisme, qui, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), aurait causé 7,2 millions de décès supplémentaires en 2015. Fumer est un facteur évitable, la pollution atmosphérique l’est beaucoup moins. Bref, c’est un appel à la mise en œuvre de mesures urgentes pour réduire la pollution de l'air, notamment en réévaluant la législation. D’autant que les particules PM2,5 sont la principale cause des maladies respiratoires et cardiovasculaires.

 

Actuellement, la limite annuelle moyenne de PM2,5 dans l'UE est de 25 µg / m3 (microgrammes par mètre cube) ce qui est 2,5 fois plus élevé que la recommandation de l'OMS, qui préconise 10 µg / m3.

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