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POLLUTION : Exposition prénatale et maladie hépatique

Actualité publiée il y a 3 mois 2 semaines 2 jours
JAMA Network Open
L'exposition prénatale aux produits chimiques est associée à une augmentation des maladies du foie chez l'Enfant (Visuel Adobe Stock 41651738)

L'exposition prénatale aux produits chimiques et aux perturbateurs endocriniens présents dans les produits de consommation et industriels est associée à une augmentation des maladies du foie chez l'Enfant, plus tard dans la vie, souligne cette équipe de la Mount Sinai School of Medicine (New York) dans le JAMA Network Open. C’est encore un nouvel effet de la pollution qui est ici documenté, et qui contribue à expliquer l'incidence croissante d'une maladie du foie potentiellement cancérigène chez l’Enfant.

 

La stéatose hépatique non alcoolique est l'une des maladies du foie les plus courantes dans le monde et est de plus en plus diagnostiquée dans l'enfance, affectant 6 à 10 % de la population pédiatrique générale et environ 34 % des enfants obèses. Les produits chimiques perturbateurs endocriniens sont une large classe de polluants environnementaux qui comprennent plusieurs pesticides, plastiques, retardateurs de flamme et métaux toxiques. Parmi ces perturbateurs, figurent les substances perfluoroalkyliques (PFAS), également connues sous le nom de «produits chimiques éternels» utilisées dans les ustensiles de cuisine antiadhésifs et les emballages alimentaires, et les polybromodiphényléthers (PBDE) utilisés comme retardateurs de flamme dans les meubles et les produits pour bébés. Les perturbateurs endocriniens interfèrent avec les systèmes hormonaux et métaboliques chez les humains.

 

Plusieurs études expérimentales ont montré que l'exposition à ces produits chimiques peut entraîner des lésions hépatiques et une stéatose hépatique non alcoolique. cependant, jusqu'à présent, les effets potentiels des expositions prénatales à ces produits chimiques n'avaient pas été étudiés chez l'Homme.

Le risque de maladie du foie associé à l'exposition prénatale aux perturbateurs

endocriniens, rapporte l’étude, la première réalisée sur l'association entre l'exposition prénatale à des combinaisons de produits chimiques et la stéatose hépatique non alcoolique, une maladie sévère et agressive, et dont la prévalence est en croissance rapide chez l’Enfant. Un nouveau marqueur de la maladie hépatique chez l’Enfant, est utilisé, il s’agit de la cytokératine-18. Ce marqueur permet d’évaluer l’impact de l'exposition prénatale aux produits chimiques environnementaux sur le risque de stéatose hépatique non alcoolique.

 

« Ces nouvelles données pourront éclairer les stratégies de prévention et d'intervention contre l'épidémie actuelle de stéatose hépatique non alcoolique », relève l’un des auteurs principaux, Vishal Midya, chercheur en médecine environnementale et en santé publique au Mount Sinai Institute for Exposomic Research : «Nous sommes tous quotidiennement exposés à ces produits chimiques à travers la nourriture que nous mangeons, l'eau que nous buvons et l'utilisation des produits de consommation. Il s'agit d'un grave problème de santé publique. Ces résultats montrent que l'exposition précoce à de nombreuses substances chimiques est un facteur de risque de stéatose hépatique pédiatrique non alcoolique ».

 

L’étude a précisément mesuré 45 composés chimiques dans le sang ou l'urine de 1.108 femmes enceintes de 2003 à 2010. ces produits chimiques comprenaient des perturbateurs endocriniens tels que les PFAS, les pesticides organochlorés et organophosphorés, les plastifiants (phénols, phtalates), les PBDE et les parabènes. Lorsque les enfants ont été âgés de 6 à 11 ans, les scientifiques ont mesuré les niveaux de cytokératine-18 dans le sang des enfants, afin d'évaluer leur risque de maladie du foie.

 

  • Des niveaux plus élevés de ces biomarqueurs sont bien retrouvés chez les enfants les plus fortement exposés pendant la grossesse ;
  • l’analyse révèle qu’une exposition élevée à ces facteurs environnementaux accélère bien l'incidence de la stéatose hépatique.

L'exposomique, la prochaine nouvelle science ?

En nous apportant une nouvelle connaissance de la façon dont l'environnement affecte notre santé, l'exposomique est peut-être la pièce manquante du puzzle. Aujourd’hui, le programme Human Early-Life Exposome, un réseau collaboratif de 6 études prospectives de cohorte de naissance basées en population générale et menées dans 6 pays européens (la France, la Grèce, la Lituanie, la Norvège, l'Espagne et la Grande-Bretagne) apporte à cette nouvelle discipline des données de grande qualité en grande quantité.

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