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COVID-19 : La transmission mère-enfant confirmée par protéomique

Actualité publiée il y a 4 mois 1 semaine 3 jours
Viruses et CMAJ
Confirmation par protéomique de la transmission possible du COVID, de la mère au fœtus (Adobe Stock 333803034)

Plusieurs études ont aujourd’hui été publiées sur l’incidence de la transmission du COVID de la mère à l’enfant, sur le transfert d’anticorps maternels et les effets possibles de la maladie chez le nouveau-né.  Une première recherche (1) d’une équipe du Skolkovo Institute of Science and Technology (Skoltech) confirme aujourd’hui par protéomique, la transmission possible de la maladie, de la mère au fœtus. Ces travaux publiés dans la revue Viruses identifient en effet des protéines du SRAS-CoV-2 dans le placenta infecté et confirment l’efficacité de la spectrométrie de masse pour détecter le SRAS-CoV-2 dans les fluides et tissus biologiques. Dans le même temps, une méta-analyse (2), la plus large jamais menée sur les effets de la transmission du COVID mère-enfant, alerte sur le risqaue accu de certaines complications.

 

Les chercheurs de Skoltech (1) ont travaillé dans le cadre d’un programme de recherche sur la transmission verticale du COVID-19 et sur le risque de complications majeures pendant la grossesse, de naissance prématurée et de décès de l'enfant. Pour mener à bien cette étude, ils ont développé une technique de protéomique spécifique permettant de détecter certaines protéines virales dans le placenta, le sang du foetus et le sang du cordon. L’objectif était de confirmer le risque de transmission mère-enfant et de mieux cerner les risques associés pour la santé de la mère et de l’enfant.

Des preuves de transmission mère-enfant dans la littérature et par protéomique

Les auteurs appellent en préambule qu’il existe déjà des preuves suggérant que la transmission verticale de la mère au fœtus pendant la grossesse est possible :

  • par exemple, en Chine, des anticorps d'immunoglobuline M (IgM) ont été trouvés chez des bébés nés de mères testées positives à SARS-CoV-2 ;
  • les cas de COVID-19 chez les femmes enceintes ont été principalement situés au troisième trimestre de la grossesse ;
  • il existe un cas de mère en bonne santé atteinte d’un COVID-19 modéré au cours de sa 21e semaine de sa grossesse, dont le fœtus a été diagnostiqué avec des anomalies sévères, dont un retard de croissance et une altération du flux sanguin dans l'artère ombilicale. Le bébé est décédé peu après sa naissance, prématurée, en USIN. L'enfant a été testé positif pour les anticorps IgG et un test PCR effectué sur le placenta et le sang du cordon ombilical s’est avéré positif pour 3 gènes de type SARS-CoV-2 et SRAS-CoV. « Les résultats des analyses indépendantes PCR et de spectrométrie de masse et d'immunohistochimie du tissu placentaire, du sang du cordon ombilical et du sang de l'enfant, ont toutes indiqué la transmission verticale du SRAS-CoV-2 de la mère au fœtus ».

 

Première confirmation de présence de protéines du SRAS-CoV-2 dans le placenta infecté : par approche de spectrométrie de masse les chercheurs détectent les protéines S et N du virus dans les fluides et le placenta.

 

« La transmission transplacentaire de l'infection par le SRAS-CoV-2 est donc possible non seulement au cours du dernier trimestre de la grossesse, mais également aux stades précoces de la grossesse. La transmission transplacentaire peut provoquer une inflammation du placenta et une virémie néonatale avec les dommages de divers organes et systèmes », concluent les auteurs. Ils ne précisent pas l’incidence de cette transmission « possible ».

 

Confirmation d'un risque accru de complications : au même moment, parait une large méta-analyse (2) de 42 études portant sur 438.548 femmes enceintes du monde entier, et portant sur les effets possibles de COVID-19 pendant la grossesse. L’analyse alerte sur des issues défavorables pour la mère et le bébé : l'infection par le SRAS-CoV-2 pendant la grossesse s’avère en effet associée à la prééclampsie, à la mortinaissance, à la prématurité et à d'autres effets indésirables : « Nos données suggèrent que les femmes enceintes atteintes de COVID-19 ont un risque accru d'hypertension artérielle, de mortinaissance et de naissance prématurée. Les nouveau-nés sont plus susceptibles d’être pris en charge en soins intensifs (USIN)".

  • Le risque de naissance prématurée et d'accouchement par césarienne est accru de 50% ;
  • les mères atteintes de COVID-19 sévère présentent un risque 4 fois plus élevé d'hypertension artérielle et d'accouchement prématuré.

 

La cause de cet effet indésirable reste peu claire, mais le SRAS-CoV-2 pourrait entraîner une vasoconstriction et stimuler une réponse inflammatoire affectant les vaisseaux sanguins.

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