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POLLUTION: Oui, elle fait aussi prendre du poids!

Actualité publiée il y a 6 années 4 mois 2 semaines
Faseb Journal

De multiples études ont documenté les effets néfastes de la pollution sur les poumons et le cerveau, cette étude de la « Duke » montre ses conséquences sur le métabolisme. Menée dans le pays le plus pollué du monde, la Chine, l’étude démontre, certes sur l’animal, une association certaine entre cette exposition et le risque d’obésité. Des conclusions présentées dans le Faseb Journal, qui veulent appeler à des interventions urgentes.

Car ces rats de laboratoire ont respiré l'air fortement pollué de Pékin et non seulement ils ont présenté les dysfonctionnements cardio-respiratoires déjà démontrés, mais ils ont pris du poids et en seulement 3 à 8 semaines d'exposition.


Les chercheurs de la Duke ont placé des femelles enceintes et leur progéniture dans 2 chambres, l'une exposée à l'air extérieur de Beijing et l'autre équipée d'un filtre à air qui éliminait la plupart des particules de la pollution de l'air.

· A 19 jours, les poumons et le foie des rates exposées à l'air pollué deviennent plus lourds et présentent une inflammation

· leur taux de cholestérol augmente de 50%,

· les triglycérides de 46%.

· Enfin, leur résistance à l'insuline, un facteur précurseur du diabète de type 2, dépasse celle des animaux qui respirent un air purifié.

L'exposition à la pollution de l'air se traduit donc bien, a minima chez l'animal, par un dysfonctionnement métabolique, un facteur précurseur cette fois de l'obésité. Ces rats exposés à la pollution ont pris beaucoup plus de poids à la fin de la gestation, bien que les 2 groupes, exposés ou non aient reçu la même alimentation. Les mêmes résultats sont constatés sur leurs progénitures.

Des résultats frappants d'autant qu'ils semblent s'aggraver avec le temps d'exposition à la pollution (ici 8 semaines vs 3 semaines). Cela confirme aussi que l'exposition à long terme peut être nécessaire pour détecter des changements inflammatoires et métaboliques qui se déclenchent probablement dès le départ de l'exposition. La conclusion de cette expérience est qu'en tout état de cause, après 8 semaines d'exposition, les mâles et les femelles ont un poids corporel respectivement plus élevé de 10 et 18% que leurs homologues non exposés.

Enfin, ces conclusions sont en ligne avec de précédentes études, expliquent les chercheurs, qui appellent à des interventions de toute urgence, non seulement en regard de l'ensemble des effets sanitaires de la pollution mais aussi face à l'épidémie d'obésité et de maladies cardiaques : « si confirmés chez l'Homme, ces résultats soutiennent la nécessité urgente de réduire la pollution de l'air, compte tenu de la charge croissante de l'obésité », conclut le Dr Jim Zhang, auteur principal de l'étude.

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