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POLYARTHRITE RHUMATOÏDE: La neurostimulation plutôt que les médicaments ?

Actualité publiée il y a 3 années 4 mois 1 semaine
PNAS

Ces nouvelles données cliniques présentées dans les Actes de l'Académie nationale des Sciences américaine (PNAS) suggèrent qu’une technique déjà utilisée dans le traitement d’autres pathologies, la stimulation ciblée du nerf vague ou neurostimulation vagale pourrait aboutir à une inversion à long terme des symptômes douloureux de la polyarthrite rhumatoïde. Des conclusions qui confirment de précédentes données : la neurostimulation semble une alternative non médicamenteuse très prometteuse. Mais au-delà, c’est la démonstration des promesses d’une médecine dite « bioélectronique » qui consiste à stimuler nos nerfs qui « peuvent, avec un peu d'aide, nous apporter les molécules dont nous avons besoin pour aider notre corps à guérir ».

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie auto-immune caractérisée par une inflammation chronique et des douleurs articulaires. C'est la plus fréquente forme de rhumatismes inflammatoires chroniques ou arthrite. La maladie peut atteindre de nombreux tissus et organes mais cible majoritairement les articulations souples. C'est une affection qui peut tout comme la fibromyalgie, être invalidante et douloureuse, pouvant entraîner la perte de mobilité et d'autonomie, si elle n'est pas correctement traitée. La maladie conduit à la destruction du cartilage et peut également provoquer une inflammation dans d'autres régions du corps. La maladie est souvent associée à la fibromyalgie et peut affecter, en raison de ses symptômes douloureux et handicapants, la santé mentale des patients. Le nerf vague qui assure la liaison entre le système nerveux central et le tube digestif a déjà été documenté pour ses propriétés anti-inflammatoires, en particulier via un mécanisme d'inhibition de la libération de cytokines clés dont les TNF (facteur de nécrose tumorale). L'utilisation de cette capacité anti-TNF du nerf vague a déjà été suggérée dans le traitement des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin mais aussi dans la polyarthrite rhumatoïde.


Le Dr Paul-Peter Tak, du Département Immunologie clinique et rhumatologie de l'Université d'Amsterdam rappelle que de précédentes recherches ont montré qu'en ciblant le « réflexe inflammatoire » -dont le nerf vague est le siège - il est ainsi possible de réduire l'inflammation in vitro et chez des modèles animaux. Il apporte ici à nouveau la preuve de la corrélation directe entre la stimulation du nerf vague et la suppression de plusieurs cytokines clés comme TNF ainsi qu'une réduction des symptômes de la PR : l'équipe confirme ici chez 17 patients atteints de PR qu'à l'aide d'un petit dispositif bioélectronique implantable, la stimulation du nerf vague parvient à inhiber la production de protéines inflammatoires cytokines et à atténuer la sévérité de la maladie et à améliorer le fonctionnement général des participants.

L'option bioélectronique ? La neurostimulation vagale confirme donc son intérêt comme une option thérapeutique non médicamenteuse en alternative aux anti-TNF conventionnels. Les chercheurs suggèrent également que ce processus pourrait être testé pour d'autres maladies inflammatoires (maladie de Crohn, de Parkinson, d'Alzheimer…) : « Nos résultats suggèrent une nouvelle stratégie thérapeutique, par traitement bioélectronique, utilisant des impulsions électriques, pour traiter les maladies actuellement traitées avec des médicaments puissants et coûteux ».

C'est enfin un nouveau paradigme dans la prise en charge des maladies inflammatoires, qui suggère que nos nerfs peuvent, avec un peu d'aide, nous apporter les molécules dont nous avons besoin pour aider notre corps à se guérir.

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