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POLYARTHRITE RHUMATOÏDE : Un test buccal pour la dépister ?

Actualité publiée il y a 8 mois 3 semaines 4 jours
Scientific Reports
Des biomarqueurs présents dans les cellules buccales pourraient permettre de diagnostiquer très tôt la polyarthrite rhumatoïde (Visuel Adobe Stock 362696226)

Ces scientifiques de l’Université d'État de Washington identifient dans des cellules de la bouche, des biomarqueurs de la polyarthrite rhumatoïde qui pourraient permettre de diagnostiquer très tôt la maladie et de commencer le traitement bien avant les premiers symptômes. L’étude, publiée dans Scientific Reports, suggère le développement dans un avenir proche d’un test de dépistage par écouvillonnage « de joue ».

 

La polyarthrite n’est pas une maladie rare, elle touche entre 0,3 et 0,7 % de la population, avec une incidence en France d’environ 9 nouveaux cas par an pour 100.000 habitants. Cette maladie inflammatoire chronique évolutive entraîne de sévères effets fonctionnels et psychologiques. Pouvoir dépister les personnes les plus susceptibles de développer la maladie et pouvoir les traiter de manière précoce, permettrait de réduire le fardeau de la maladie, pour les patients comme pour la société.

Une découverte qui pourrait même réduire la prévalence de la maladie

L’équipe de Michael Skinner, chercheur à la Washington State University identifie ici un ensemble d'épimutations spécifiques de la maladie, dans des cellules buccales de 2 cohortes de patientes d’origines ethniques différentes, atteintes de polyarthrite rhumatoïde. Dans chaque cohorte, environ la moitié des patientes souffraient de polyarthrite rhumatoïde, l'autre moitié formant un groupe témoins, ce qui a permis aux chercheurs de comparer l'épigénome. L’épigénome est constitué de facteurs chimiques qui peuvent modifier le génome et modifier son expression. L’analyse permet d’identifier :

 

  • des épimutations ou modifications épigénétiques dans des zones de méthylation de l'ADN, chez les patientes atteintes de polyarthrite rhumatoïde ;
  • présents dans les 2 cohortes, ces biomarqueurs identifiés ont été interprétés comme « un signal fort de la maladie » ;
  • ces modifications portent sur des gènes déjà connus pour être impliqués dans la polyarthrite rhumatoïde.

 

Ces nouvelles données suggèrent qu’il serait possible de développer un test diagnostique relativement non invasif d'écouvillonnage « de joue », pour dépister la maladie.

 

Eviter même le développement de la maladie : l'objectif est d'identifier les personnes plus vulnérables 10 ans avant que la maladie ne se développe. Cette perspective ouvre tout un éventail de traitements préventifs, un point important, alors que les traitements médicamenteux actuels ont une efficacité limitée chez de nombreux patients ayant déjà développé la maladie. De plus, de précédentes études ont montré que certains des traitements disponibles, commencés aux premiers stades de la maladie, peuvent permettre une rémission totale des symptômes.

 

Enfin, ces résultats ajoutent à la preuve du caractère très probablement systémique de la maladie- alors que ces marqueurs sont retrouvés dans de nombreuses cellules différentes, présentes dans tout le corps (ici le sang et bouche).

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