POLYMÉDICATION et DÉPRESCRIPTION : Impliquer le patient âgé
L'implication décisionnelle et la confiance sont 2 conditions de base pour inciter et convaincre les patients âgés de réduire leurs prescriptions. Cette équipe japonaise de l’Université Miyamae-ku, (Kawasaki), propose, dans les Annals of Internal Medicine une première photographie des obstacles et des facteurs favorables à la réduction de la surmédication des personnes âgées.
La recherche est l’une des premières à explorer le point de vue de ces patients âgés sur la « déprescription proactive », dans le but de mieux cerner les facteurs à la fois défavorables et favorables à réduire cet excès quasi-généralisé de médicaments.
Comment favoriser une déprescription responsable et proactive
L’étude, qualitative, est basée sur des entretiens semi-structurés auprès de 20 patients âgés de 65 ans ou plus recevant au moins 5 médicaments oraux. Parmi les principales conclusions :
- les patients soulignent la lourdeur des comprimés, les effets indésirables fréquents et évaluent leurs traitements plutôt de manière négative ;
- certains patients décrivent des expériences passées réussies d’arrêts de certains médicaments ;
- la plupart des patients déclarent préférer et souhaiter être les principaux décideurs dans l’arrêt des traitements : ils se déclarent donc
-
favorables à une prise de décision proactive ;
- parmi ces participants, certains ont même initié une discussion sur la déprescription avec leur médecin traitant ;
- de nombreux patients sont d’accord sur le principe d’arrêt d’un traitement si un médecin de confiance leur suggère.
Les obstacles à la déprescription : une image plutôt positive et générale des médicaments, la satisfaction sur les traitements actuels voire des attentes élevées concernant les résultats à venir des traitements en cours sont des facteurs favorables, à l’évidence, au maintien des schémas thérapeutiques actuels.
- Un patient plutôt passif », qui s’en remet à la décision de son médecin, n’évoluera pas vers la déprescription, si son médecin ne l’y contraint pas.
- Le rôle du médecin est donc réaffirmé que ce soit en matière de prescription, de surprescription mais aussi de déprescription ;
- Enfin, la peur du changement ou la sensation de confort avec le statu quo est un argument important pour les plus âgés : la crainte d’une réapparition des symptômes est un obstacle à la déprescription, même raisonnée.
Connaître son patient : cette étude permet d’élaborer une nouvelle typologie pour ce groupe de patients, vis-à-vis de la prescription : indifférent, satisfait, réticent au risque, obéissant, craintif, passif et proactif.
La volonté des patients joue donc un rôle considérable, à prendre en compte, absolument, dans l’ajustement du traitement.
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