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PRESSION ARTÉRIELLE : Un « game changer » dans la prévention de la démence

Actualité publiée il y a 4 mois 5 jours 11 heures
Frontiers in Neuroscience
Cibler aussi les facteurs qui peuvent compromettre la barrière hémato-encéphalique pourrait réduire le risque de démence (Visuel AdobeStock_296940799)

Ce n’est pas la première fois que la santé cérébrovasculaire est associée au risque de déclin cognitif et de démence. Ces chercheurs de la Brain Protection Company (Australie) suggèrent que la simple prise du pouls, qui permet d’obtenir une première appréciation de la pression artérielle pourrait « changer la donne » dans la détection du risque de déclin cognitif et de démence chez les patients âgés. Des travaux, présentés dans la revue Frontiers in Neuroscience qui sensibilisent au rôle clé de la barrière hémato-encéphalique dans la régulation de la pression artérielle dans le cerveau.

 

L’étude confirme ainsi une « autre » voie de déclin cognitif induite par la pression artérielle qui peut contribuer aussi à expliquer l’échec des traitements de la démence. Cette voie constitue également une nouvelle cible thérapeutique possible pour prévenir ou réduire le déclin cognitif lié à l’âge.  L’auteur de l’article, Mark Carnegie, explique : « Au cours des 2 dernières années, s’est produit un changement radical dans la recherche sur la démence et la maladie d'Alzheimer. Le focus n’est plus de cibler uniquement la protéine bêta-amyloïde dans le cerveau mais de s’attaquer aussi aux facteurs qui peuvent compromettre la barrière hémato-encéphalique. Parmi ces facteurs figurent l'inflammation chronique liée à l'âge, la prédisposition génétique et les anomalies cardiovasculaires, dont notamment l'hypertension artérielle ».

Cibler aussi les facteurs qui peuvent compromettre la barrière hémato-encéphalique

De la pression artérielle aux lésions cérébrales : dans cette étude, les chercheurs nous expliquent comment une pression artérielle élevée peut provoquer une démence. La pression cardiaque étant définie comme la différence entre la pression artérielle systolique et diastolique et augmentant généralement avec l'âge. L’hypothèse soutenue est qu'une pression artérielle élevée dans le sang vers le cerveau pourrait entraîner une inflammation, un stress oxydatif, un stress mécanique, un dysfonctionnement cellulaire et la mort cellulaire dans la barrière hémato-encéphalique, puis entraîner des lésions cérébrales.

 

« Le lien entre la rupture de la barrière hémato-encéphalique et la démence est intuitif », écrivent les chercheurs dans leur communiqué car la barrière hémato-encéphalique a spécifiquement évolué pour soutenir et protéger les tissus cérébraux délicats en empêchant la circulation dans le cerveau des agents pathogènes et d'autres substances malsaines. Il existe aujourd’hui, dans la littérature, de très nombreuses preuves – citées par les auteurs- et soutenant que la perturbation de la barrière hémato-encéphalique est un facteur clé du déclin cognitif et de la démence.

 

C’est donc un vrai changement de paradigme important dans la compréhension de la pathogenèse de la démence qui est argumenté ici. Et, s’il existe probablement plusieurs causes de perturbation de la barrière hémato-encéphalique, l'hypertension artérielle reste l'une des principales causes possibles. Prendre le pouls tout simplement peut ainsi être un geste de première intention qui permettrait, en soins primaires, une première évaluation ou détection du risque de démence.

 

« Une nouvelle cible thérapeutique prometteuse pour prévenir ou ralentir les troubles cognitifs, ce qui donne un nouvel espoir dans la lutte contre la démence », concluent les chercheurs qui lancent un appel à l'action pour que les industriels développent de nouveaux candidats médicaments ou dispositifs qui réduisent la pression artérielle élevée dans la pathologie de la démence.

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