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RISQUE de SUICIDE : Découverte d’un marqueur cérébral de TS

Actualité publiée il y a 11 mois 3 semaines 5 jours
Journal of Affective Disorders
C'est la découverte d'un marqueur cérébral pouvant indiquer le risque de suicide futur (Adobe Stock 501527946)

Ces chercheurs de l'Université de Boston (UB) identifient et documentent, dans le Journal of Affective Disorders, un marqueur cérébral pouvant indiquer le risque de suicide futur. L’étude met en évidence des différences dans les connexions cérébrales qui constituent une signature prédictive, pour la prévention et qui pourrait peut-être être la cible de thérapies de prévention des tentatives de suicide (TS).

 

On estime à plus de 700.000 le nombre de suicides chaque année dans le monde. Les auteurs, américains, font état d’environ 130 décès par suicide, chaque jour aux seuls États-Unis et à plus de 12 millions le nombre de personnes ayant éprouvé des pensées suicidaires (Source CDC). Nombreux sont les proches de personnes décédées par suicide qui se posent ces questions :

« Comment n’ai-je pas remarqué que les choses allaient si mal ? Aurais-je pu l'empêcher ? »

De nombreuses équipes travaillent autour de cette manifestation ultime de l’anxiété et de la dépression, et les multiples facteurs de suicide commencent à être mieux connus : dépression, douleur chronique, violence intrafamiliale, difficultés financières, mais on ignore encore quel est le processus « de bascule » de l'idéation à la planification d'une tentative (TS). Ces travaux proposent un indice, ou marqueur, dans le cerveau, qui pourrait permettre de détecter les personnes les plus à risque de TS.

 

L’étude : l’équipe de Boston et du VA Boston Healthcare System observe ici que d'importantes connexions dans le cerveau diffèrent entre des participants avec antécédents de TS -et pour certains des participants avant même qu'ils n'aient tenté de mettre fin à leurs jours- et ceux ayant également des symptômes psychiatriques, mais sans antécédent de TS. En pratique, pour rechercher ces indicateurs de risque de suicide dans le fonctionnement interne du cerveau, les chercheurs ont mené cette étude auprès d’anciens combattants, ayant participé aux opérations de sauvetage du 11 septembre et ayant développé un syndrome de stress post-traumatique. Ces participants ont passé une IRM fonctionnelle au repos, une technique d’imagerie qui permet de suivre la communication entre les différentes régions et selon les différents réseaux cérébraux lorsqu'aucune tâche spécifique n'est en cours. Les chercheurs se sont ensuite concentrés sur des participants ayant déjà signalé une TS lors d'une évaluation de suivi. Leur connectivité cérébrale a été évaluée avant et après la TS et a été comparée à celle d’un groupe témoin apparié. Cette analyse révèle que :

 

  • la connectivité cérébrale entre le contrôle cognitif et les réseaux de traitement autoréflexifs est déréglée chez les participants ayant déjà « commis » des TS ;
  • ces indices résident ainsi précisément, dans la connectivité fonctionnelle entre les réseaux cérébraux impliqués dans le contrôle cognitif (ajuster notre comportement ou nos choix pour s'adapter à une certaine tâche ou à un objectif) et le traitement de la pensée autoréflexive (réfléchir à ce que nous avons fait ou à ce qui s'est passé ou à ce que nous devrons faire demain).
  • cette signature de connectivité cérébrale est présente à la fois avant et après la tentative, ce qui suggère que le marqueur est bien spécifique au suicide ;
  • Ce marqueur de connectivité cérébrale est identifiable avant la TS,

« ce qui suggère qu'il pourrait contribuer à détecter les patients avec symptômes psychiatriques qui sont à risque de suicide », résume le Dr Audreyana Jagger-Rickels, professeur de psychiatrie à l'Université de Boston ;

  • la connectivité de l'amygdale droite, une zone cérébrale impliquée dans l'apprentissage de la peur et les traumatismes, diffère entre les participants avec TS et les témoins, mais seulement après le signalement de la TS.

 

De nouveaux traitements ? Ces observations incitent à étudier des traitements ciblant ces connexions ou plus largement ces zones du cerveau et leurs fonctions.

 

« Les interventions visant à réduire le risque de suicide sont limitées aux personnes qui se sentent suffisamment à l'aise pour évoquer avec leur médecin ou leur psychologue des pensées et des comportements suicidaires. L'identification des mesures qui ne nécessitent pas cette communication, pourrait nous aider à identifier les personnes dont les pensées suicidaires échappent aux évaluations de routine ».

 

Enfin, ces changements cérébraux qui se produisent après une TS, sont probablement liés aux facteurs de stress ou au traumatisme qui induit la TS. Cela suggère que les tentatives de suicide elles-mêmes ont aussi un impact sur le cerveau qui pourrait augmenter le risque de suicide futur.

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