Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

ROUGEOLE : Son incidence a doublé en 1 an

Actualité publiée il y a 1 mois 3 semaines 12 heures
ECCMID 2024
Ne pas relâcher les efforts mondiaux sur la couverture vaccinale contre la rougeole (Visuel Adobe Stock 266374208)

Les cas de rougeole dans le monde ont presque doublé en un an, conclut ce bilan épidémiologique présenté à la Réunion annuelle de l’European Society of Clinical Microbiology and Infectious Diseases (ECCMID 2024). Avec un message évident, ne pas relâcher les efforts mondiaux sur la couverture vaccinale contre la rougeole.

 

Ainsi, l’étude fait état d’une incidence mondiale, provisoire, de 321.582 cas pour l’année 2023 soit près du double (augmentation de plus de 88 %) de l’incidence relevée pour 2022. Alors que des épidémies de rougeole continuent de se produire et, dans certains cas, augmentent, dans un certain nombre de pays, la couverture vaccinale reste donc une priorité. Les chercheurs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) craignent aujourd’hui une accélération similaire à celle qui prévalait juste avant la pandémie de COVID. La feuille de route à suivre pour parvenir à éliminer la maladie en particulier dans la région Amérique de l'OMS, où elle flambe est également indiquée par les auteurs.

 

L’incidence de la rougeole, en 2024 pourrait ne pas excéder celle de 2023, en tous cas cette stabilité est en bonne voie, un peu plus de 90.000 cas ayant été recensés à date (avril 2024). Cependant, les auteurs soulignent des retards de déclaration possibles. D’ores et déjà, des pays comme le Yémen, l’Azerbaïdjan et le Kirghizistan présentent une incidence élevée de la rougeole. Dans ces pays, mais pas seulement, il est urgent de mettre en œuvre les stratégies qui ont fait leurs preuves, dont des campagnes nationales incitant à :

 

  • mettre à jour la vaccination des enfants âgés de 1 à 14 ans ;

  • renforcer la vaccination systématique afin d’atteindre une couverture vaccinale d’au moins 95 % des enfants chaque année ;
  • entreprendre des campagnes de suivi massives tous les quatre ans, pour atteindre au moins 95 % des enfants âgés de 1 à 4 ans avec le rappel ou deuxième dose de vaccin.

Ces objectifs passent par la mise en place de services de soutien technique, de capacités de laboratoire et par les politiques de santé.  

Parmi les données présentées lors de la réunion, celles qui concernent la région européenne, et ses 53 États membres, région au sein de laquelle des transmissions continues de rougeole restent une préoccupation et ou l’élimination apparaît difficile. Les auteurs rappellent qu’en Eutrope, comme ailleurs dans le monde, l’éradication de la maladie passe par des couvertures vaccinales élevées, pour la 1ère et la 2è dose.

 

« Le virus de la rougeole est extrêmement contagieux et toute lacune dans la couverture vaccinale constitue une fenêtre de risque d’épidémie. La couverture doit donc être élevée, mais également uniforme et équitable ».

 

L’effet « rebond » après la pandémie : cet effort continue en Europe ne doit pas faire oublier que l’incidence de la rougeole domine dans les pays à revenu faible et intermédiaire : « Les cas de rougeole étaient élevés en 2019, la majorité étant observée en Afrique, où la couverture vaccinale contre la rougeole est la plus faible au monde, ce qui favorise les épidémies périodiques. Pendant la pandémie de COVID-19, la transmission de tous les virus aéroportés a été réduite, y compris celle de la rougeole. Nous constatons donc aujourd'hui une nouvelle augmentation des cas dans la plupart des régions du monde ».

 

Les bénéfices de la vaccination contre la rougeole doivent être fermement rappelés : on estime que 57 millions de décès ont été évités dans le monde grâce à la vaccination contre la rougeole entre 2000 et 2022, dont 1,5 million dans la région européenne.

 

« Mais afin de maintenir ces acquis, nous devons garantir une couverture vaccinale systématique élevée, uniforme et équitable ; et une sensibilisation robuste et une réponse rapide aux épidémies ». Ainsi l’effort doit également porter sir la réduction de l’hésitation à la vaccination, contre la désinformation sur les vaccins, sur l’accès aux services de vaccination et le respect du timing du schéma vaccinal.