SANTÉ CÉRÉBROVASCULAIRE : Les médicaments "cardiovasculaires" contre la démence
Les médicaments cardiovasculaires peuvent contribuer à réduire le risque de démence, conclut cette équipe de cardiologues et de neuroscientifiques du Karolinska Institutet et de l’Université de Lund. La recherche, présentée dans la revue Alzheimer’s & Dementia, en révélant un lien clair entre l'utilisation à long terme – 5 ans ou plus - de ces médicaments et la réduction du risque de démence chez les personnes âgées, ouvre une nouvelle voie de prévention.
Les maladies cardiovasculaires et la démence sont 2 défis majeurs de santé publique qui s’avèrent au fil des études, et via la santé cérébrovasculaire, intimement liés. L’un des auteurs principaux, le Dr Mozhu Ding, professeur de médecine environnementale au Karolinska Institutet note qu’en ciblant à long terme la santé cardiovasculaire par des médicaments ciblant le système cardiovasculaire (antihypertenseurs, hypocholestérolémiants, diurétiques, anticoagulants),
il est possible avec ces médicaments de réduire le risque de démence plus tard dans la vie.
L’étude analyse les données de santé et de prescription de 88.000 participants, âgés de plus de 70 ans, diagnostiqués avec une démence vs 880.000 témoins, exempts de démence. Cette analyse révèle que :
- l’utilisation à long terme d’antihypertenseurs, de médicaments hypocholestérolémiants, de diurétiques et d’anticoagulants est associée à un risque de démence inférieur de 4 à 25 % ;
- les combinaisons de ces médicaments exercent des effets synergiques encore plus protecteurs ;
- en revanche, les antiplaquettaires apparaissent « peut être » liés à un risque plus élevé de démence : une explication possible serait le risque accru, avec ces médicaments, de microhémorragies cérébrales, associées à l’accélération du déclin cognitif.
L’approche recommandée par ces chercheurs est finalement « plus large », car elle préconise des combinaisons adaptées de médicaments ciblant différemment le système cardiovasculaire- ce qui constitue une toute nouvelle voie de prévention des démences.
Cependant, les chercheurs soulignent l’importance de mener des essais cliniques contrôlés randomisés, pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à ces avantages cognitifs.
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