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SCLÉROSE en PLAQUES : Un remyélinisant préserve la vision

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 1 semaine
Brain Pathology
C'est l'espoir d'un nouveau médicament capable non seulement de résoudre l'inflammation mais de booster la remyélinisation (Visuel Adobe Stock 177409779)

Il existe un besoin important et urgent de trouver un candidat thérapeutique qui puisse restaurer la fonction neurologique dont la vision, chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP). Pour obtenir cet effet, le médicament devrait cibler la remyélinisation et bloquer la dégénérescence axonale et la perte neuronale associées à la maladie. Cette équipe de Université de Californie – Riverside montre ici, chez la souris, la capacité d’un candidat - un ligand récepteur des œstrogènes (IndCl) - à améliorer la vision chez les patients atteints de SEP. Ces travaux, présentés dans la revue Brain Pathology, ouvrent l'espoir d'un nouveau traitement capable non seulement de résoudre l'inflammation mais de booster la remyélinisation.

 

L'étude, menée sur des souris modèle de SEP, a évalué l'effet d'IndCl sur la pathologie et la fonction des voies visuelles afférentes qui comprennent les yeux, le nerf optique et toutes les structures cérébrales responsables de la réception, de la transmission et du traitement des informations visuelles.

 

Les auteurs rappellent que la SEP est caractérisée par une « démyélinisation » des nerfs, qui dès les premiers stades touche le nerf optique et d'autres parties du système visuel. Environ 50% des patients atteints de SEP souffrent ainsi de névrite optique, une inflammation du nerf optique liée à la démyélinisation- avant même de présenter les premiers autres symptômes. Presque tous les patients atteints de SEP ont une vision altérée à un moment donné de la progression de leur maladie. Ces symptômes peuvent inclure des douleurs oculaires, une vision floue et une perte de vision progressive pouvant conduire à la cécité, entre autres déficiences visuelles.

Chez la souris, le médicament induit une amélioration d'environ 50% de la fonction visuelle

Le nerf optique, un faisceau de nerfs fortement myélinisé situé à l'arrière de l'œil, transfère les informations visuelles de la rétine aux centres de vision du cerveau par impulsions électriques. La myéline agit comme une substance isolante qui accélère la transmission de ces impulsions électriques. La perte partielle de la myéline ralentit la transmission des informations visuelles; une perte plus sévère peut arrêter complètement les signaux.

 

La preuve chez la souris : les chercheurs testent ici IndCl chez la souris modèle, pour évaluer son impact sur les axones de la voie visuelle. Ils constatent que le traitement induit une remyélinisation et permet d’atténuer certains dommages aux axones ce qui globalement entraîne une amélioration fonctionnelle partielle de la vision.

 

Atténuation de l’inflammation et reprise de la myélinisation du nerf optique : « Il avait déjà été démontré chez la souris que l'IndCl réduit le handicap moteur, augmente la myélinisation et la neuroprotection de la moelle épinière et du corps calleux », rappelle l’auteur principal, le Dr Seema Tiwari-Woodruff, professeur de sciences biomédicales à l'UC Riverside School of Medicine : « Cependant, c’est la première fois qu’est démontrée l’efficacité du médicament sur le système visuel. Notre étude montre que le nerf optique et le tractus optique, qui subissent une inflammation, une démyélinisation et des dommages axonaux importants, sont capables de restaurer une partie de leurs fonctions et que le médicament permet une résolution de l’inflammation et la reprise de la myélinisation ».

 

Et chez l’Homme ? Les voies visuelles chez la souris sont similaires aux voies visuelles chez l'Homme. Le cerveau de souris est donc un excellent modèle pour étudier la déficience visuelle. Les scientifiques ont laissé progresser la maladie pendant environ 60 jours chez le modèle murin de la SEP, puis lorsque la maladie a atteint un pic, entre 15 et 21 jours, ils ont administré l'IndCl à la moitié des souris. Un test fonctionnel permettant de mesurer le signal électrique visuel et l'immunohistochimie permettant d’examiner la voie visuelle permettent de constater que les souris qui ont reçu le médicament présentent une amélioration significative de la myélinisation, avec une amélioration d'environ 50% de la fonction visuelle.

 

Un grand espoir, alors que les médicaments actuellement approuvés de la SEP réduisent l'inflammation mais n'empêchent pas la neurodégénérescence et n'initient pas la remyélinisation.

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