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SÉDENTARITÉ : Elle avachit le cœur des adolescents

Actualité publiée il y a 1 année 2 mois 5 jours
Scandinavian Journal of Medicine and Science in Sports
L’excès de sédentarité finit par agrandir le cœur (Visuel Adobe Stock 582117908)

Cette équipe de l’University of Eastern Finland met en garde les adolescents, dans le Scandinavian Journal of Medicine and Science in Sports, contre l’excès de sédentarité. Un tel comportement finit par agrandir le cœur : ainsi, 8 heures de temps sédentaire/jour peuvent augmenter la masse cardiaque 3 fois plus que 49 minutes/jour d’activité physique modérée à vigoureuse.

 

Les récents rapports de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquent que plus de 80 % des adolescents dans le monde pratiquent une activité physique insuffisante. Cette inactivité physique ou sédentarité a largement été associée à plusieurs maladies non transmissibles chez les adultes telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et le cancer. Dans la population pédiatrique, la majorité des études se sont concentrées sur l'effet de la sédentarité et de l'activité physique sur la santé cardiométabolique, notamment la pression artérielle, la résistance à l'insuline, les lipides sanguins et l'indice de masse corporelle.

 

Il existe donc des lacunes dans les connaissances des effets de la sédentarité sur la structure et la fonction cardiaques. Ces effets ont en effet été trop rarement mesurés par accéléromètre et par échocardiographie chez les plus jeunes.

La sédentarité, ennemi juré de la santé cardiaque

L'étude, menée en collaboration entre l'Université de Bristol et l'Université d'Exeter (Royaume-Uni) , explore ainsi les associations entre la sédentarité, l'activité physique légère, modérée ou vigoureuse, et la structure et la fonction cardiaques.

 

L’équipe a analysé les données de 530 adolescents âgés de 17 ans participant à la cohorte Avon, dont des mesures complètes de la masse grasse, de la masse musculaire, du glucose, des lipides, de marqueurs de l'inflammation, l'insuline, le statut tabagique, le statut socio-économique, les antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire, les mesures échocardiographiques de la fonction et de la structure cardiaques et la mesure par accéléromètre du temps de sédentarité, de l'activité physique légère et de l'activité physique modérée à vigoureuse.

 

  • En moyenne, les adolescents pratiquaient près de 8 heures/jour de sédentarité ;
  • environ 49 minutes/jour d’activité physique modérée à vigoureuse ;
  • une association est retrouvée entre le temps de sédentarité et l'activité physique modérée à vigoureuse et une masse ventriculaire gauche plus élevée ;
  • l'augmentation de la masse cardiaque (3,8 g/m2,7) associée au temps de sédentarité s’avère 3 fois plus élevée que l'augmentation de la masse cardiaque (1,2 g/m2,7) associée à une activité physique modérée à vigoureuse ;
  • ce résultat est observé chez les adolescents quel que soit leur statut d'obésité, c'est-à-dire chez les adolescents de poids normal et ceux en surpoids ou obèses ;
  • l'activité physique légère n'est pas associée à une augmentation de la masse cardiaque, mais était associée à une meilleure fonction cardiaque estimée à partir des mesures de la fonction diastolique ventriculaire gauche ;

 

Ici, l’étude identifie, avec la sédentarité, une masse ventriculaire gauche plus élevée, qui indique une hypertrophie ou une hypertrophie du cœur, et une fonction ventriculaire gauche réduite, qui indique une diminution de la fonction cardiaque, ces deux anomalies pouvant, en combinaison ou indépendamment, entraîner un risque accru d'insuffisance cardiaque, d'infarctus du myocarde, d'accident vasculaire cérébral et de décès cardiovasculaire prématuré.

 

Ces travaux apportent des connaissances précieuses sur les effets néfastes de la sédentarité sur la santé cardiaque. Si s'engager dans une activité physique modérée à vigoureuse agrandit légèrement le cœur, cet effet secondaire négatif semble « acceptable » compte tenu des autres avantages pour la santé de l'exercice modéré à vigoureux.

 

Ce n’est certainement pas le cas de la sédentarité dont les effets néfastes sur le cœur sont démultipliés.


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