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SÉROTONINE : Hormone de la patience ou de la persévérance ?

Actualité publiée il y a 1 année 7 mois 1 semaine
Nature Communications
La sérotonine favorise plus que l'attente passive et la simple patience. Elle améliore la persévérance active dans l’accomplissement d’une tâche, même dans le cas d’une récompense incertaine.

La sérotonine a de multiples fonctions dans le cerveau et comprendre sa fonction exacte est une tâche complexe. En effet, la sérotonine est aussi à la base de toute une classe d’antidépresseurs -dont le Prozac®, qui agit en augmentant ses niveaux dans le cerveau. Alors, que se passe-t-il vraiment lorsque les niveaux de sérotonine augmentent dans le cerveau et comment cela affecte-t-il notre comportement ? Ces neuroscientifiques du Champalimaud Centre for the Unknown (Lisbonne) montrent, dans la revue Nature Communications, que la sérotonine favorise plus que l'attente passive et la simple patience. Elle améliore la persévérance active dans l’accomplissement d’une tâche, même dans le cas d’une récompense incertaine.

 

Jusqu’à cette étude, on pensait que l'augmentation des niveaux de sérotonine induisait les animaux, et les Hommes à plus de patience, avant l’obtention d’une récompense. Cette théorie était compatible avec l'idée que la sérotonine agit en inhibant le comportement, puisque la patience nécessite de remettre à plus tard quelque chose d’important. Cette équipe internationale remet aujourd’hui en question cette théorie en démontrant que la sérotonine, plus que la patience, favorise la persévérance.

 

La persévérance est entendue au sens de poursuivre activement une tâche, même si cette tâche est pénible, alors que la patience n’exige généralement qu’une capacité d’attendre sans agir. En synthèse, les chercheurs suggèrent que la sérotonine favorise un comportement proactif et pas uniquement passif.

 

L'activation des neurones sérotoninergiques favorise la persistance active plutôt que la  patience passive : pour leur démonstration, les chercheurs imaginent et développent une tâche en fait très similaire à la recherche de nourriture, chez l’animal : la tâche consiste à donner aux souris le choix entre 2 sites de « consommation » placés à chaque extrémité d'une longue boîte rectangulaire. À un moment donné, un seul site de consommation est capable de libérer de l'eau ; pour trouver une source d’eau, les souris doivent donc parcourir les deux côtés de la boîte et pour boire, elles doivent appuyer sur un levier avec leur nez. Mais afin d’imiter le côté imprévisible de certaines situations dans la vraie vie, les chercheurs ont fait en sorte que le site de consommation actif ne fournisse pas toujours de l'eau et que les souris apprennent ainsi à devoir faire plusieurs tentatives et « persévérer » pour obtenir leur eau. Le nombre de tentatives permettant de mesurer la persistance des animaux. Puis, via optogénétique, les chercheurs ont stimulé les neurones producteurs de sérotonine dans le cerveau des animaux. L’expérience montre que :

  • quand ces neurones producteurs de sérotonine sont stimulés, les animaux sont prêts à persévérer bien plus longtemps même quand ils n’obtiennent jamais d'eau ;

 

Des résultats qui pourraient finalement nous aider à mieux traiter la dépression, un trouble dans lequel la sérotonine est impliquée. Car la différence entre la patience et la persévérance peut sembler subtile, mais pourrait faire la différence. Ainsi, expliquent les chercheurs, le patient dépressif aurait globalement peut-être à gagner à « faire » plutôt qu’à attendre.

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