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SEVRAGE TABAGIQUE : Et si la metformine était plus qu'un antidiabétique ?

Actualité publiée il y a 1 année 6 mois 1 semaine
PNAS
Il se trouve que la metformine active, comme la nicotine, une voie chimique nommée AMPK et dont l’arrêt serait à l’origine des symptômes de sevrage.

Et si la metformine, cet antidiabétique, pouvait soulager les symptômes de sevrage de la nicotine et contribuer ainsi à l’arrêt du tabac ? C’est ce que suggère en tous cas, cette étude, réalisée chez la souris, qui a exploré si la metformine, un médicament connu contre le diabète de type 2, pouvait soulager les symptômes de sevrage de la nicotine. Il se trouve que la metformine active, comme la nicotine, une voie chimique nommée AMPK et dont l’arrêt serait à l’origine des symptômes de sevrage. C’est à lire dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine.

 

L'exposition à long terme à la nicotine active une enzyme appelée AMPK, située dans la zone de l'hippocampe et impliquée dans la mémoire et les émotions. Il a déjà été montré que l’activation de la voie chimique de l'AMPK peut contribuer à une bonne humeur, de courte durée, et à la stimulation de la mémoire et de la concentration. Ces traits suivent d’ailleurs et en général le fait de fumer une cigarette.

 

L'élimination de la nicotine stoppe cette stimulation, ce qui peut contribuer à une humeur morose, à l'irritabilité et à une altération de la capacité de concentration et de la mémoire. Arrêter la cigarette c’est stopper l'activation de cette enzyme AMPK (AMP-activated protein kinase), c’est-à-dire déclencher les symptômes de sevrage, présents chez la plupart des fumeurs. Comme la metformine est déjà documentée pour activer l'AMPK, les chercheurs de l'Université de Pennsylvanie et de l'Université Johns Hopkins se sont demandé si la metformine pourrait compenser le retrait soudain de la nicotine.

L’étude constate que les souris exposées à la nicotine recevant une injection de metformine avant le sevrage, présentent une anxiété réduite, telle que mesurée par leur apport alimentaire et un test d’activité.

 

La metformine, supérieure aux substituts nicotiniques ? Si nous ne sommes pas des souris, ces premiers résultats émanent d’un processus biologique qui se tient, celui de la réactivation de cette voie chimique AMPK. A ce jour, la metformine n'est autorisée que dans le traitement du diabète, il n’est donc pas question de l'utiliser pour réduire les symptômes du sevrage tabagique. Cependant, ces premiers résultats méritent d’autres recherches, pour validation non seulement de son efficacité dans le sevrage tabagique mais aussi d’une efficacité supérieure aux substituts nicotiniques existants. Les auteurs écrivent :

 

« Sur la base de nos résultats démontrant l'efficacité de la metformine pour soulager le comportement anxieux après le sevrage de la nicotine, nous suggérons que l'activation de l'AMPK dans le cerveau via la metformine puisse être envisagée comme une nouvelle pharmacothérapie pour l'arrêt du tabac. La metformine mérite d'être explorée comme option thérapeutique pour le sevrage tabagique, dans de futurs essais cliniques d’autant que le médicament est relativement sûr avec un avantage supplémentaire, celui de normaliser le contrôle de la glycémie ».

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