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SOINS PALLIATIFS : Quelle place pour la thérapie « holistique » dans la pratique clinicienne ?

Actualité publiée il y a 1 année 8 mois 20 heures
Annals of Family Medicine
Cette approche narrative par laquelle le patient livre son histoire à son médecin et le médecin aide son patient à transcender sa souffrance à retrouver de nouveaux repères, apporte, et peut-être au clinicien aussi, un sens à la vie.

Cet article de réflexion ne répond pas mais s’interroge sur la place de la thérapie holistique ou la pratique d’une médecine « corps-esprit » par les cliniciens exerçant auprès de patients en fin de vie. « Les cliniciens pourraient assumer cette prise en charge « holistique » des patients atteints de maladies chroniques et en phase terminale, soutient cet expert du comportement, le Dr Thomas Egnew, du Service de Médecine de la Famille de l’University of Washington School of Medicine. L’auteur soutient que cette approche narrative par laquelle le patient livre son histoire à son médecin et le médecin aide son patient à transcender sa souffrance à retrouver de nouveaux repères, donne, et peut-être au clinicien aussi, un sens à la vie.

 

Car c’est à travers ces récits de patients que les cliniciens peuvent mieux les comprendre et mieux gérer leur santé. Et lorsque ces patients souffrent d'une maladie chronique ou mortelle et que leur souffrance augmente, les cliniciens peuvent/doivent adopter cette approche holistique, comprendre les conflits existentiels des patients et pour cela les soutenir dans leur récit, les aider à en comprendre la signification et à parvenir à « l’acceptation ».

 

L’auteur reprend les multiples définitions de la thérapie holistique mais en souligne l’objectif unique, le retour à une harmonie personnelle, un bien-être, un équilibre et/ou une paix au-delà de la récupération ou de l'intégrité corporelle. La condition d’atteinte de ces objectifs est de permettre au patient de « transcender sa souffrance », restauration ou pas de la fonction et récupération ou pas de la maladie.

 

L’approche holistique implique de résoudre la crise existentielle, causée et exprimée également par cette souffrance du patient, et de permettre au patient de (re)trouver un sens à la vie. L'isolement, le désespoir, l'impuissance, la vulnérabilité s’accompagnent d’une prise de conscience croissante de la « désintégration » de soi, de ses valeurs et ses croyances et des liens avec le monde et les autres.  Cette fragmentation ou perte d’identité est l'occasion pour le clinicien de mieux cerner la souffrance des patients, de conceptualiser et valoriser leur expérience de la maladie, de travailler à une « alliance thérapeutique » et d’établir un nouveau contexte à partir duquel la souffrance peut être transcendée.

 

La souffrance ne peut être transcendée que par l'acceptation : ainsi, en soins palliatifs, les patients retrouvent une harmone lorsqu’ils sont parvenus à abandonner ceux qu’ils étaient et à accepter la nouvelle réalité « de qui ils sont ». « Atteindre l'harmonie face à la maladie signifie apprendre à vivre avec les désordres corporels comme une manière permanente d'être. En renonçant au désir que les choses soient différentes et en acceptant une nouvelle réalité et une nouvelle identité, la souffrance peut être transcendée ». Un « nouveau » sens à la vie permet aux humains de supporter et de survivre aux situations les plus graves. Selon d’autres experts, cités par l’auteur, les médecins et cliniciens qui reconnaissent la souffrance, comprennent le sens de la maladie pour le patient, sont présents en cas de besoin et apportent de l'espoir. « Être « guérisseur », c'est aider les patients à trouver leur chemin à travers l'épreuve de leur maladie jusqu'à une nouvelle complétude ». Cela demande de la compassion, de la « conversation » et de l'espoir.

 

L’auteur soutient ainsi le concept et la pratique de la « médecine narrative » comme « outil » de gestion de la souffrance et d’aboutissement à une nouvelle harmonie. Cette médecine nécessite de nombreuses compétences : il s’agit de reconnaître, écouter, absorber, interpréter, et être ému par les histoires de maladie et du malade. Cette compétence narrative implique de savoir « quoi faire avec les histoires ».

Et, du côté du patient bien sûr, raconter l'histoire de sa souffrance lui permet de reconstruire un passé douloureux, de prendre du recul sur sa souffrance et de parvenir à une guérison. C’est-à-lire in extenso (en anglais).

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