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SOMMEIL, MÉMOIRE et SCHIZOPHRÉNIE : Un lien intrigant via la kynurénine

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 4 semaines
Sleep
Plus de 20 millions de personnes souffrent de schizophrénie dans le monde.

Cette étude menée à l'Université du Maryland révèle un pont moléculaire jusque-là inconnu entre le sommeil, la mémoire et la schizophrénie. Ce lien, c’est un composé, la kynurénine. Or les niveaux accrus dans le cerveau d’acide kynurénique, un métabolite de la kynurénine sont caractéristiques chez les patients atteints de schizophrénie. Et les élévations de la kynurénine sont liées à des problèmes de sommeil et de la cognition. Ce décryptage de la voie kynurénine, au carrefour du sommeil, de la mémoire et de la schizophrénie apporte l’espoir de nouveaux traitements permettant de réduire les symptômes de la maladie.

Plus de 20 millions de personnes souffrent de schizophrénie dans le monde. La maladie entraîne un large éventail de symptômes, dont des hallucinations visuelles et auditives, des troubles cognitifs et du sommeil et de la motivation. De nombreux patients schizophrènes souffrent ainsi de problèmes d'apprentissage et de mémoire. Pour beaucoup, c'est l’un des tout premiers signes de la maladie.

 

L’étude révèle un lien surprenant entre la kynurénine, son métabolite, l’acide kynurénique trouvé à niveaux élevé dans le cerveau des patients schizophrènes, le sommeil et la cognition. Ana Pocivavsek, chercheuse au Maryland Psychiatric Research Center et professeur de psychiatrie, auteur principal de l’étude établit avec cette recherche un premier lien clair entre les élévations de la kynurénine et les troubles de sommeil.

 

Acide kynurénique et schizophrénie : l'acide kynurénique, métabolite neuroactif de la kynurénine, est bien documenté comme un acteur clé dans le développement de la schizophrénie. Les patients atteints de schizophrénie présentent ainsi dans leur cerveau des niveaux supérieurs à la normale d'acide kynurénique. Ces niveaux élevés sont suspectés d’entraîner toute une gamme de symptômes observés dans la maladie, dont les problèmes d'apprentissage, de mémoire et de sommeil.

L’étude, menée sur le rat avec niveaux d’acide kynurénique élevé vs normal dans le cerveau confirme :

  • le lien avec les troubles du sommeil, en particulier une phase de sommeil « REM » réduite. Or cette phase du sommeil dans laquelle se produisent les rêves est essentielle pour la consolidation des apprentissages et de la mémoire ;
  • le lien avec les problèmes d'apprentissage, évalué par différents tests : les animaux ayant des niveaux accrus d'acide kynurénique élevé, et donc un sommeil altéré, ne se souviennent pas de petits chocs électriques reçus la veille et retournent dans la zone « de choc ».

 

 

Réduire l'acide kynurénique pour réduire les troubles du sommeil et de la cognition dans la schizophrénie : ainsi, l'acide kynurénique perturbe le sommeil, ce qui nuit à la cognition, ou alors les perturbations du sommeil induisent une augmentation de l'acide kynurénique, ce qui entraîne des troubles cognitifs. Si le sens de la relation et le mécanisme exact restent à préciser, ces données suggèrent que la réduction de l'acide kynurénique pourrait réduire les troubles du sommeil et de la cognition chez les patients atteints de schizophrénie. Une piste clé serait d'inhiber une enzyme, la kynurénine aminotransférase II, ou KAT II, ​​qui convertit la kynurénine en acide kynurénique. En utilisant des composés qui inhibent cette enzyme, les chercheurs parviennent ici à réduire les niveaux d'acide kynurénique dans le cerveau des rats. Par ailleurs, plusieurs laboratoires pharmaceutiques ont travaillé à développer des inhibiteurs de KAT II qui puissent atteindre le cerveau en toute sécurité chez l'homme.

L’étude ajoute ainsi à la preuve du lien entre des niveaux élevés d'acide kynurénique et le dysfonctionnement cognitif et à l’intérêt de ces molécules anti-KAT II.


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