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SOMNIFÈRES : Et si vous restiez endormi en cas d’alarme incendie ?

Actualité publiée il y a 9 mois 1 semaine 2 jours
Frontiers in Behavioral Neuroscience
Une nouvelle classe de somnifères préserve la capacité de se réveiller face à une menace

Ces scientifiques japonais montrent qu'une nouvelle classe de somnifères préserve la capacité de se réveiller face à une menace, contrairement à la plupart des autres hypnotiques leaders du marché. Cet essai apporte en effet la preuve dans la revue Frontiers in Behavioral Neuroscience qu’avec la plupart des somnifères, la moitié des participants restent endormis en cas d’alarme incendie ! L’alternative préserve en revanche cette capacité de réveil en cas de danger.  

 

L’étude en apporte la démonstration sur des souris, qui exposées au médicament hypnotique expérimental DORA-22 conservent cette capacité de s’éveiller aussi rapidement lorsqu’elles sont menacées. Et les souris se rendorment aussi rapidement qu’avec les somnifères classiques, une fois la menace passée.

 

La conclusion de l‘expérience est en substance, que les somnifères classiques (benzodiazépines) inhibent la réponse ou la perception d’une alerte par le cerveau endormi. Car même durant le sommeil, le cerveau traite en permanence les informations sensorielles et nous réveille s'il détecte une menace. Mais la classe de somnifères la plus largement prescrite (benzodiazépines), nous rend moins susceptibles de réveil en réponse à une entrée sensorielle, même « menaçante ». Pourquoi ? Les benzodiazépines stimulent le récepteur cérébral GABA-A, ce qui nous rend somnolents, mais suppriment également d’autres fonctions/zones cérébrales non ciblées, dont celle qui détermine les entrées sensorielles à traite, explique en substance, l’auteur principal, le professeur Tomoyuki Kuwaki de l'université de Kagoshima (Japon).

 

A contrario, les antagonistes des récepteurs de l’orexine (DORA) qui ciblent plus sélectivement les voies de sommeil / veille du cerveau, présentent des avantages en termes de sécurité par rapport aux benzodiazépines, comme un effet moindre de « gueule de bois » et ce « respect » du gardien sensoriel du cerveau qui permet de rester vigilant face aux menaces. Ici, la preuve est faite chez des souris, réparties pour recevoir « DORA-22 », ou une benzodiazépine (triazolam) ou un placebo. DORA-22 et le triazolam montrent des effets similaires sur le sommeil, allongeant la durée du sommeil profond de 30 à 40% par rapport au placebo mais seul DORA-22 préserve la réponse cérébrale à des stimuli menaçants. De plus,

 

« Bien que les souris traitées par DORA-22 aient été réveillées rapidement par la menace, elles se sont ensuite rendormies aussi rapidement qu'avec Triazolam et beaucoup plus rapidement qu'avec un placebo ». Il reste donc à vérifier que cette même capacité est réservée chez l’Homme, avec ces nouveaux antagonistes des récepteurs de l’orexine.

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