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STÉATOSE HÉPATIQUE : Comment la graisse du foie met le cerveau en danger

Actualité publiée il y a 1 mois 3 semaines 1 jour
Journal of Hepatology
L'accumulation de graisse dans le foie réduit l’apport d’oxygène dans le cerveau et favorise l’inflammation des tissus cérébraux (Visuel Adobe Stock 549782816)

Cette équipe de gastroentérologues du King's College de Londres et de l'Université de Lausanne révèle que la stéatose hépatique met en danger la santé du cerveau. L’étude, qui examine le lien entre la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) et le dysfonctionnement cérébral montre que cette accumulation de graisse dans le foie réduit l’apport d’oxygène dans le cerveau et favorise l’inflammation des tissus cérébraux, ces 2 facteurs déclenchant l'apparition de maladies cérébrales graves.

 

La maladie du foie gras non alcoolique touche environ 25 % de la population et plus de 80 % des personnes souffrant d’obésité morbide. Plusieurs études ont documenté les effets négatifs d'une mauvaise alimentation et de l'obésité sur la fonction cérébrale, cependant, cette étude est la première à documenter un lien entre la maladie hépatique et la santé cérébrale.

L'accumulation de graisse dans le foie a des effets graves sur le cerveau

L’étude est menée en collaboration avec des équipes de l'Inserm et de l'Université de Poitiers, sur des souris soumises à 2 régimes différents : un régime ne contenant pas plus de 10 % de matières grasses, un autre régime contenant 55 % de matières grasses représentatif du régime occidental, riche en aliments transformés et en boissons sucrées. Après 16 semaines, différents tests révèlent que :

 

  • toutes les souris ayant consommé les niveaux les plus élevés de graisse ont développé une obésité et une stéatose hépatique non alcoolique, une résistance à l'insuline, mais également un dysfonctionnement cérébral ;
  • le cerveau de ces souris atteintes stéatose hépatique non alcoolique accuse une baisse des niveaux d'oxygène : la maladie du foie affecte le nombre et l'épaisseur des vaisseaux sanguins cérébraux, qui fournissent moins d'oxygène aux tissus, et dans le même temps, des cellules spécifiques consomment plus d'oxygène lorsque le cerveau s'enflamme ;
  • ces souris présentent des signes d’anxiété et de dépression ;
  • en revanche, les souris ayant reçu le régime alimentaire sain n'ont pas développé de maladie du foie ou de résistance à l'insuline et leur cerveau apparaît en parfaite santé.

 

L'auteur principal, le Dr Anna Hadjihambi, conférencier honoraire au King's College de Londres, commente ces résultats : « Il est très préoccupant de voir l'effet que l'accumulation de graisse dans le foie peut avoir ces effets sur le cerveau, en particulier car cette évolution est silencieuse pendant de nombreuses années ».

 

Alors quel traitement préventif ? Des souris développées avec des niveaux inférieurs d'une protéine, MCT1, ou Monocarboxylate Transporter 1, spécialisée dans le transport des substrats énergétiques utilisés par diverses cellules pour leur fonctionnement, nourries avec un régime alimentaire malsain riche en graisses et en sucre, ne développent aucune accumulation de graisse dans le foie et ne présentent aucun signe de dysfonctionnement cérébral : la protéine MCT1 est donc identifiée comme un élément clé dans le développement à la fois de la stéatose hépatique et de son dysfonctionnement cérébral associé.

Il s’agit donc d’une cible prometteuse de « l'axe foie-cerveau ».

Plus simplement, la réduction de la quantité de sucre et de graisse dans l’alimentation reste la base pour lutter contre l'obésité, pour protéger le foie et maintenir la santé du cerveau,

notamment au cours du vieillissement.

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