STÉATOSE HÉPATIQUE : L'effet démultiplicateur de l'âge sur le dysfonctionnement métabolique
Le vieillissement s’ajoute au dysfonctionnement métabolique pour accélérer le développement de maladie hépatique stéatosique, révèle cette étude menée à la Fourth Military Medical University (Xi’an, Chine), qui précise les manifestations pathologiques et physiologiques du foie avec le vieillissement. Ces travaux, publiés dans la revue Frontiers of Medicine, remettent "à la une" les sénolytiques pour restaurer l'homéostasie hépatique.
La stéatose hépatique associée au dysfonctionnement métabolique (MASLD : Metabolic dysfunction–associated steatotic liver disease) aussi appelée « maladie du foie gras non alcoolique (NAFLD, non-alcoholic fatty liver disease), est une maladie hépatique chronique. Cette recherche montre l’effet délétère et accélérateur de l’âge sur la maladie : la sénescence des cellules hépatiques accélère l’accumulation de graisse, l’inflammation et la fibrose, tandis que la stéatose chronique accélère à son tour le déclin hépatique.
Jusqu’à 38 % des adultes dans le monde souffrent de MASLD, et la prévalence, la gravité et la mortalité augmentent avec l’âge.
Le foie vieillissant se rétrécit d’environ 30 %,
élimine les lipides et le glucose moins efficacement et se régénère plus lentement après une lésion.
L’étude décrypte dans le détail le processus de développement de la maladie hépatique et nous explique comment le vieillissement, ou sénescence, l’accélère et l’aggrave :
- le dépôt lipidique est aggravé par la baisse de la β-oxydation, la résistance à la leptine et une voie moléculaire spécifique (GPCPD1–glycérophosphocholine) ;
- l’intolérance au glucose résulte d’une résistance à l’insuline liée à l’obésité viscérale et à une autre voie de signalisation télomérique (liée à l’âge) (-p53) ;
- les hépatocytes sénescents, les cellules endothéliales, les cellules stellaires et les macrophages de Kupffer contribuent chacun, avec l’âge, à des pathologies distinctes, mais leur phénotype commun associé à la sénescence contribue à la propagation des lésions dans tout l’organe.
Comment « ça se passe » ?
- Les hépatocytes sont les premiers intervenants ; les scientifiques montrent que chez des souris âgées ou obèses, 60 à 80 % des hépatocytes présentent une positivité pour des marqueurs de sénescence comme p16, p21 ou β-gal ;
- avec l’âge, les hépatocytes présentent également une hypertrophie des noyaux, une réduction du réticulum endoplasmique lisse et une diminution du nombre de mitochondries ce qui favorise une reprogrammation métabolique favorisant la lipogenèse ;
- certaines cytokines associées à la sénescence entretiennent l'inflammation et peuvent freiner ou favoriser le carcinome hépatocellulaire selon le contexte ;
- l'insulinorésistance sélective des hépatocytes sénescents détourne les acides gras entrants vers les gouttelettes de triglycérides, ce qui aggrave la stéatose ;
- les cellules endothéliales hépatiques subissent une forme de capillarisation avec l'âge : leur épaisseur augmente, les fenêtres diminuent et des membranes basales se forment. La perte des fenêtres entrave la captation de l'insuline et les échanges lipoprotéiques, aggravant ainsi la dyslipidémie systémique et la surcharge lipidique hépatique ;
- les cellules endothéliales hépatiques sénescentes sécrètent des ligands qui polarisent les macrophages vers un phénotype pro-inflammatoire ;
- les cellules stellaires hépatiques adoptent paradoxalement un état moins fibrotique, mais sénescent. Elles perdent leurs gouttelettes lipidiques, produisent moins de protéines de la matrice extracellulaire, mais sécrètent des métalloprotéinases matricielles qui dégradent le tissu cicatriciel existant.
- D’autres types de cellules perdent leur fonctionnalité, sous l’effet de la sénescence.
Compte tenu de l'imbrication du vieillissement et de la stéatose, des interventions ciblant la sénescence semblent s’imposer : les scientifiques rappellent les candidats sénolytiques en cours d’essais cliniques.
Sans pour autant délaisser les règles hygiéno-diététiques, l'exercice et la restriction calorique qui vont permettre de réduire la graisse hépatique et d’améliorer la tolérance au glucose.
Un défi subsiste, distinguer les cellules sénescentes bénéfiques et transitoires
– nécessaires à la cicatrisation des plaies et à la suppression tumorale –
des cellules chroniques et pathogènes.
De futurs essais devront donc affiner les stratégies sénolytiques spécifiques à chaque type cellulaire...
Autres actualités sur le même thème
COVID-19 : Un facteur booster d’Alzheimer ?
Actualité publiée il y a 4 années 2 semainesTrop de SOMNOLENCE prédit le risque de démence
Actualité publiée il y a 8 années 9 heuresCANCER COLORECTAL : Microbiote et stress cellulaire agissent de concert
Actualité publiée il y a 7 années 10 moisMICI : Pourquoi les anti-TNF ne fonctionnent pas toujours
Actualité publiée il y a 5 années 11 mois
ABONNEMENT PREMIUM
Accédez sans limite à plus de 15 000 actualités



