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STRESS POST-TRAUMA : Comment le cerveau prend peur

Actualité publiée il y a 1 année 6 mois 2 jours
Nature Neuroscience
Comment le cerveau stocke à vie certains souvenirs de peur ? (Visuel Adobe Stock 114056838)

Comment le cerveau stocke à vie certains souvenirs de peur, cette équipe de neurologues de l’Université de Californie – Riverside décrypte ce mécanisme chez l’animal. Des travaux présentés dans la re vue Nature Neuroscience qui pourraient conduire à de nouvelles thérapies pour les personnes vivant avec un syndrome de stress post-traumatique.

 

Les souvenirs d'événements traumatiques survenus dans un passé lointain et ayant déclenché une réaction de peur sont en effet basés sur des mécanismes fondamentaux par lesquels le cerveau les consolide et les stocke, de manière permanente. En jeu des connexions entre les neurones de la mémoire dans le cortex préfrontal :

 

« Ce sont les circuits bien précis de la mémoire préfrontale qui sont progressivement renforcés après ces événements traumatiques et ce renforcement joue un rôle essentiel dans la façon dont les souvenirs de peur s’installent à long terme puis de manière permanente dans le cerveau », résume l’un des auteurs principaux, Jun-Hyeong Cho, professeur agrégé de biologie cellulaire et moléculaire.

La peur chronique touche 6 % de la population à un moment de la vie

De précédentes études ont impliqué l’hippocampe dans la formation initiale de la mémoire de la peur, cette étude révèle qu’au fur et mesure que cette peur s’installe et ces souvenirs se consolident, l’hippocampe est de moins en moins impliqué. Plus largement, les scientifiques californiens se sont concentrés sur le cortex préfrontal (PFC), une partie du cortex déjà documentée comme impliquée dans la consolidation de la mémoire.

 

Un petit groupe de cellules nerveuses ou de neurones au sein du PFC, appelés neurones de la mémoire, sont actifs lors de l'événement traumatique initial et se réactivent lors du rappel du souvenir ayant causé la peur.

 

  • Lorsque les chercheurs inhibent sélectivement ces neurones à mémoire dans le PFC de souris modèles, conditionnées de manière à associer un stimulus aversif à un contexte de peur, les souris ne sont plus capables de consolider de tels souvenirs, ce qui apporte une première confirmation du rôle critique de ces neurones spécifiquement associés au rappel des souvenirs de peur.
  • chez les souris dont ces neurones n’ont pas été inhibés, le rappel de souvenirs de peur reste possible des mois après le conditionnement ;
  • chez ces mêmes souris, les chercheurs observent que les connexions (synapses) entre ces neurones spécialisés dans le PFC, appelés circuits de mémoire préfrontaux, se renforcent progressivement avec le temps, ce qui aboutit à un souvenir bien ancré et permanent ;
  • des expériences visant éteindre la mémoire de la peur, affaiblissent ces circuits de la mémoire préfrontale et parviennent à empêcher totalement ces souvenirs chez l’animal ;
  • un dérèglement de la consolidation de la mémoire de la peur conduit également, toujours chez l’animal, à une peur chronique de type SSPT, ce type de peur affectant, selon les auteurs, environ 6% de la population à un moment donné de leur vie.

 

Vers de nouvelles stratégies thérapeutiques ? Il semble possible, en affaiblissant sélectivement les circuits de la mémoire préfrontale identifiés d’apaiser ce type de peur chronique lié au SSPT. Enfin, les scientifiques suggèrent que ces mécanismes décryptés dans le rappel et le stockage de souvenirs traumatisants pourrait être exploités pour renforcer la mémoire d’autres types de souvenirs, plus constructifs.


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