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TOC : Quelle est la meilleure thérapie ?

Actualité publiée il y a 1 année 2 mois 2 semaines
American Journal of Psychiatry
Les symptômes du TOC apparaissent généralement dès l’âge de 2 ans, même si le diagnostic n’est pas posé avant l'adolescence ou l’âge adulte (Visuel AdobeStock_340078384)

Quel est le traitement le plus efficace contre les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ? Cette étude par imagerie cérébrale, menée à l’Université du Michigan identifie plusieurs différences dans le cerveau de patients soumis à une thérapie basée sur l'exposition ou à une thérapie de réduction du stress. Les conclusions, présentées dans l’American Journal of Psychiatry pourraient conduire à des choix thérapeutiques mieux personnalisés.

 

Actuellement, un patient sur 3 traités pour TOC ne répond pas au traitement. Cette étude suggère la possibilité de prédire laquelle des deux principales thérapies, thérapie d’exposition ou thérapie de gestion du stress, aidera le mieux chaque patient. Si les résultats de cette étude doivent encore être confirmés par d’autres recherches, à mener en particulier auprès d’enfants et d’adolescents, avant d’être exploités par les thérapeutes en santé mentale, ils suggèrent déjà les bénéfices d’une personnalisation plus importante du traitement.

Globalement, la thérapie par exposition fonctionne bien

Ici, les chercheurs examinent les scanners cérébraux de 87 adolescents et adultes atteints de TOC modéré à sévère répartis au hasard à suivre, durant 12 semaines, l'une des 2 thérapies. L’expérience montre qu'en général, les deux permettent une réduction les symptômes et que pour la majorité des participants, la thérapie d'exposition, une forme de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est  plus efficace que la thérapie de gestion du stress (SMT : stress-management therapy).

Cependant l’analyse des scintigraphies cérébrales prises avant et après le traitement apporte des résultats frappants : ces images ont été prises pendant que les patients effectuaient une tâche cognitive simple et recevaient une petite récompense monétaire si la tâche était correctement accomplie.

  • Plus d'activation dans les circuits cérébraux liés aux tâches cognitives et à la récompense pendant les tests est associé à de meilleurs résultats avec la TCC ;
  • moins d'activation dans ces mêmes zones, est associé à une meilleure réponse à la SMT ;

« En conclusion, la thérapie la plus spécifique au TOC, basée sur l'exposition au sujet de l'obsession est bien « la meilleure » pour soulager les symptômes, chez la plupart des patients, ce qui est une bonne nouvelle », confirme le Dr Stephan Taylor, auteur principal de l'étude et professeur de psychiatrie à la Michigan Medicine, « cependant plus les patients présentent une activation élevée de certaines zones du cerveau et mieux ils répondent à cette thérapie ».

 

Quelles sont les zones cérébrales clés ? Ce sont en fait les mêmes que celles déjà documentées comme impliquées dans le développement des TOC et préconisées pour la stimulation magnétique transcrânienne-une autre thérapie « émergente » pour les TOC. Ces zones impliquent le réseau cingulo-operculaire pendant la tâche cognitive et le réseau orbitostriato-thalamique lors de la récompense.

  • L’activation de ces 2 réseaux est donc associée à une meilleure réponse à la TCC basée sur l'exposition ;
  • une activité plus faible de ces 2 réseaux est associée à une meilleure réponse à la SMT.
  • Une autre zone fortement corrélée à la réponse à la TCC est le cortex cingulaire antérieur rostral (rACC), déjà documenté par de précédentes études comme lié au TOC et à la réponse au traitement en général. Cette zone cérébrale joue un rôle clé dans l'autorégulation de la réponse aux déclencheurs du TOC.

 

Exposition et récompense ? Si la thérapie d'exposition implique de faire face à la situation qui induit l’obsession de manière à s’y habituer, la motivation par la récompense peut aussi aider le patient à observer la thérapie -ce qui est parfois difficile puisqu’il doit faire face aux déclencheurs de son obsession.

 

Vers une personnalisation du traitement des TOC ? C’est ce que suggèrent ces premiers résultats d’imagerie cérébrale. Cependant, précisent les chercheurs, le choix de la thérapie n’impliquerait pas de réaliser scintigraphies cérébrales sur tous les patients atteints de TOC mais reposerait sur des tests quotidiens évaluant les caractéristiques prédictives d’un meilleur succès avec une thérapie ou une autre :

  • la TCC pourrait ainsi être privilégiée chez les patients qui ont le plus de contrôle cognitif et la meilleure sensibilité à la récompense et la thérapie de gestion du stress chez les patients qui doivent d'apprendre à se détendre et à utiliser des techniques de résolution de problèmes pour améliorer leur réponse au stress ;
  • les exercices d'entraînement cérébral sur ordinateur peuvent contribuer à améliorer la réponse thérapeutique.

 

« Différents cerveaux répondent à différents traitements,

et si nous pouvons tirer parti de ces connaissances, nous pourrions évoluer vers une approche de médecine plus personnalisée pour les TOC ». Un nouvel essai clinique est déjà prévu pour faire progresser la compréhension du TOC, avec le recrutement en cours de jeunes diagnostiqués avec un TOC.

 

En effet, les symptômes du TOC apparaissent généralement dès l’âge de 2 ans, même si le diagnostic n’est pas posé avant l'adolescence ou l’âge adulte.

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