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TROUBLE BIPOLAIRE : Lithium, mais quelle est la clé de son efficacité ?

Actualité publiée il y a 2 mois 4 jours 15 heures
Biological Psychiatry
L'équipe identifie un gène spécifique, activé par le médicament, qui semble relancer la prolifération neuronale (Visuel Adobe Stock 295601414)

Cette équipe de pharmacologues et de neurologues du Karolinska Institutet apportent de nouvelles connaissances sur l'efficacité du lithium pour le traitement du trouble bipolaire. Leur étude, publiée dans la revue Biological Psychiatry, identifie un gène spécifique, activé par le médicament, qui semble relancer la prolifération neuronale.

 

Le trouble bipolaire est une affection neuropsychiatrique caractérisée par des épisodes maniaques et dépressifs, qui touche environ 1 % de la population. On pense que la génétique pèse de manière importante dans le risque. Environ la moitié des patients répondent très bien à la thérapie par sels de lithium, cependant, la réponse au traitement dépend également de la génétique.

 

De nombreuses équipes travaillent ainsi à mieux pouvoir évaluer l’efficacité du lithium chez les patients atteints de troubles bipolaires, afin de déterminer la dose de lithium adaptée. Des marqueurs génétiques ont même été identifiés qui semblent influencer la rapidité avec laquelle le corps élimine le lithium. Ces recherches devraient à terme permettre un traitement mieux personnalisé des troubles bipolaires.

Mais comment le lithium agit pour stabiliser l'humeur ?

Comment le lithium agit pour stabiliser l'humeur reste un processus encore très mal compris, on sait cependant que, comme c’est également le cas d'autres antidépresseurs, le lithium stimule la prolifération des cellules progénitrices neurales (NPC) adultes, favorisant peut-être la naissance de nouveaux neurones.

Un gène spécifique qui semble réguler la prolifération des NPC en réponse au lithium.

L’auteur principal, le Dr Martin Schalling, professeur de médecine et de chirurgie moléculaires au Karolinska Institutet explique ces travaux : « Nous avons développé un modèle qui permet prédire la quantité de lithium dont un patient atteint de trouble bipolaire aura besoin. Cela va permettre de réduire le temps consacré à la recherche de la bonne dose pour chaque patient, ce qui concrètement va sauver des vies ». 

 

L’étude : au-delà, l’étude apporte une meilleure compréhension de la grande variabilité des réponses au lithium des patients. Certaines personnes atteintes de trouble bipolaire présentent des réponses thérapeutiques au lithium, tandis que d'autres non.

De précédentes recherches ont déjà identifié un nombre limité de variations génétiques contribuant aux résultats cliniques du lithium. Cependant, ces recherches ont nécessité des échantillons de grande taille et ne sont pas parvenues à identifier les types de cellules ou les processus biologiques médiant les effets du traitement.

 

Ces chercheurs proposent aujourd’hui une approche alternative, avec une étude d'association pangénomique (GWAS) appliquée à un système de culture cellulaire provenant de plusieurs donneurs humains, exposés ou non au lithium. Pour mesurer la prolifération neurale induite par le lithium, les chercheurs utilisent une culture cellulaire de cellules neurales humaines progénitrices, obtenues à partir de tissu cérébral fœtal. Certaines cultures ont été exposées au lithium, ce qui a augmenté la prolifération cellulaire. Les auteurs ont ensuite mené les tests GWAS. Ces tests révèlent :

 

  • une variation génétique et un gène spécifique qui influencent de manière clé, la prolifération des cellules progénitrices neuronales sensibles au lithium.

 

L’étude contribue ainsi à identifier les mécanismes sous-jacents à la capacité du lithium à stimuler la prolifération des cellules progénitrices neurales. En particulier, ces travaux impliquent le chromosome 3p21.1 et le gène guanine nucleotide-binding protein-like 3 (GNL3) dans ce mécanisme, GNL3 ayant déjà été impliqué dans la régulation du cycle et la différenciation cellulaire.

 

De nouveaux marqueurs en puissance donc, pour préciser la dose et prédire la réponse au traitement.

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