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VACCIN COVID-19 : 5 mois après la 2è dose, en faut-il une 3è ?

Actualité publiée il y a 2 mois 2 semaines 4 jours
The Lancet
Cette 3è dose réduit de 80 à 90% le risque de forme sévère de COVID, par rapport au risque encouru par des personnes n’ayant reçu que 2 doses du vaccin, il y a environ 5 mois de cela (Visuel Adobe Stock 410689075).

Cette nouvelle étude sur l’efficacité d’une 3è dose (« rappel ») du vaccin COVID-19 BNT162b2 de BioNTech-Pfizer, -présentée comme la plus grande étude jamais réalisée dans le monde réel- vient compléter la recherche récente publiée dans la revue Science portant sur l’efficacité du 3è rappel Moderna (ARNm-1273)-chez des macaques rhésus.

Menée par des scientifiques du Clalit Research Institute (Israël), en collaboration avec l'Université Harvard, cette analyse, publiée cette fois dans le Lancet, confirme une efficacité très élevée du rappel, dès la semaine qui suit l’injection et quel que soit le groupe de population. Ainsi, cette 3è dose réduit de 80 à 90% le risque de forme sévère de COVID, par rapport au risque encouru par des personnes n’ayant reçu que 2 doses du vaccin, il y a environ 5 mois de cela.

 

De nombreux pays connaissent actuellement une résurgence des infections au SRAS-CoV-2 en dépit de campagnes de vaccination jusque-là bien menées. La variante delta (B.1.617.2) et la baisse d’immunité vaccinale progressive en population générale ont changé la donne et plusieurs pays prévoient d'administrer une 3è dose de rappel du vaccin ARNm COVID-19.

 

C’est, précisément, l’analyse de l'une des plus grandes bases de dossiers de santé, menée en Israël, l'un des premiers leaders mondiaux des taux de vaccination COVID-19, en particulier pour la troisième dose. L’étude a donc examiné l'efficacité de cette 3è injection du vaccin Pfizer/BioNTech BNT162B2 contre la variante Delta du SRAS-CoV-2.

La 3è injection permet de réduire efficacement le risque de formes sévères

L'étude est menée du 30 juillet 2021 au 23 septembre 2021, soit simultanément à la 4è vague d'infection en Israël, au cours de laquelle la variante Delta (B.1.617.2) était la souche dominante, à partir des données de 728.321 personnes âgées de 12 ans ou plus ayant reçu cette 3è dose du vaccin BNT162b2. Ce groupe d’intervention a été apparié à 728.321 témoins qui n'avaient reçu que 2 injections du vaccin et cela environ 5 mois auparavant. L'analyse constate que, par rapport aux personnes qui n'ont reçu que 2 doses, les participants ayant reçu 3 doses du vaccin présentent, 7 jours après le rappel,

  • un risque 93% plus faible d'hospitalisation liée au COVID-19,
  • un risque réduit de 92% de maladie COVID-19 grave,
  • un risque réduit de 81% de décès ;
  • cette efficacité s’avère globalement similaire pour les différents sexes, groupes d'âge et quel que soit le nombre de comorbidités.

 

L’analyse suggère ainsi, sans surprise, qu'une troisième dose de vaccin est efficace à réduire le risque de complications, vs le risque encouru par les personnes qui ont reçu 2 doses du vaccin, il y a, en moyenne, 5 mois. Cette conclusion vaut également après prise en compte des différents facteurs de confusion possibles, dont les comorbidités et certains facteurs comportementaux ou de mode de vie. Cela suggère que cette protection supplémentaire vaudrait tout autant chez des groupes de personnes plus vulnérables.

 

Large échantillon, bonne précision : la grande taille de l’échantillon a permis en effet d’évaluer plus précisément l'efficacité du rappel sur différentes périodes, pour différents groupes de population (par sexe, âge et selon les comorbidités) et pour les principales complications possibles.

 

« Ces résultats montrent de manière convaincante que la 3è dose du vaccin est très efficace contre les formes plus sévères de COVID-19 et devraient faciliter une prise de décision politique éclairée », a ajouté le professeur Balicer, Président du Groupe d'experts d'Israël sur la réponse au COVID-19.