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VACCIN MODERNA anti-COVID : Sur les réactions cutanées retardées

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 4 jours
NEJM
Les réactions cutanées retardées au vaccin Moderna COVID-19 (ARNm-1273) ne doivent pas décourager le public à se faire vacciner (Visuel Adobe Stock 411803402).

Ces chercheurs du Massachusetts General Hospital (MGH) alertent à nouveau contre des réactions cutanées retardées au vaccin Moderna COVID-19 (ARNm-1273) tout en précisant que cela ne doit pas décourager le public à se faire vacciner. Ces experts, documentent leur point de vue par des preuves de la littérature et des observations de cas au cours de leur pratique clinique. L'article, publié dans le New England Journal of Medicine (NEJM) appelle à une plus grande sensibilisation et une meilleure communication autour de ces réactions possibles chez certains patients. Rappelons qu'en France, la fabrication du vaccin Moderna devrait débuter au cours du mois de mars.

 

Les auteurs rappellent  les données cliniques de l'essai de phase III du vaccin Moderna qui révélaient déjà une hypersensibilité cutanée retardée chez un petit pourcentage des plus de 30.000 participants. Certaines réactions cutanées importantes, plus sévères, rouges, parfois en relief, qui démangent ou douloureuses n'ont jamais été complètement caractérisées ni expliquées, et les chercheurs souhaitent sensibiliser les cliniciens à savoir les reconnaître et à guider les patients sur les bonnes options de traitement et à les inciter à aller jusqu’à la deuxième dose de leur vaccination.

Certaines réactions cutanées importantes, plus sévères, rouges, parfois en relief, qui démangent ou douloureuses n'ont jamais été complètement caractérisées ni expliquées(Visuel Massachusetts General Hospital)

Une réaction qui ne doit pas décourager d'aller jusqu'au bout de la vaccination

L’essai clinique de phase III du vaccin ARNm-1273 a en effet constaté des réactions immédiates au site d'injection chez 84,2% des participants après la première dose. L'essai a également montré que des réactions retardées au site d'injection, soit constatées le 8e jour ou après, chez 244 des 30.420 participants (0,8%) après la première dose et chez 68 participants (0,2%) après la deuxième dose. Ces réactions comprenaient un érythème, une induration et une sensibilité.

Les réactions se sont généralement résolues au cours des 4 à 5 jours suivants.

Cependant, ces réactions n'ont pas été davantage caractérisées et les liens possibles d’incidence entre les réactions après la première dose et celles constatées après la deuxième dose n'ont pas été précisés.

 

Des observations cliniques aussi : les auteurs ont été eux-mêmes sensibilisés par leurs propres observations, en pratique clinique de ces réactions cutanées retardées au vaccin Moderna, et rapportent une série de cas de 12 patients ayant présenté ces réactions. Dans ce groupe,

  • l'apparition des symptômes allait de 4 jours après la première dose à 11 jours après la vaccination,
  • avec une apparition médiane des symptômes au huitième jour ;
  • en moyenne, les symptômes se sont dissipés après près d'une semaine ;
  • Les photographies montrent la taille et la gravité variées des réactions.
  • La plupart des patients ont été traités avec de la glace et des antihistaminiques, certains ont reçu des corticostéroïdes et un patient a été traité par erreur avec des antibiotiques.
  • La moitié des patients ont eu une nouvelle réaction après la deuxième dose - environ 48 heures après la vaccination ;
  • aucun patient n'a présenté de réaction à la 2è dose plus sévère qu’à la première dose.
  • L’analyse de biopsies cutanées confirme une réponse immunitaire allergique retardée, couramment observée lors d’autres réactions médicamenteuses.

 

Aller jusqu’au bout de la vaccination : « Qu’il ait immédiatement ressenti une éruption cutanée au site d'injection ou développé une réaction cutanée retardée, le patient doit recevoir la deuxième dose du vaccin », explique le Dr Kimberly Blumenthal, auteur principal et co -Directeur du programme d'épidémiologie clinique du Département de rhumatologie, d'allergie et d'immunologie du MGH. « Notre objectif immédiat est de sensibiliser les médecins et les autres professionnels de santé à cette éventuelle réaction retardée, afin qu'ils ne soient pas alarmés, mais bien informés et préparés à conseiller leurs patients en conséquence ».

 

C’est donc bien une réponse auto-immune, qui ne doit pas être confondue avec une infection cutanée, ne doit pas être traitée par antibiotique et ne doit pas décourager d’aller au bout de la vaccination.