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VAGINOSE : Mieux comprendre et mieux prévenir ce déséquilibre bactérien intime

Actualité publiée il y a 2 mois 3 semaines 1 jour
Science Translational Medicine
L'étude contribue à expliquer pourquoi une affection courante et apparemment bénigne du microbiome vaginal peut entraîner une fausse couche, un accouchement prématuré et à d'autres complications de santé (Visuel Adobe Stock 542352994)

Cette équipe de gynécologues de l'Université de Californie San Diego a décidé de « faire tomber les barrières » et d’alerter sur les conséquences parfois sévères de la vaginose bactérienne. L’étude, publiée dans la revue Science Translational Medicine contribue à expliquer pourquoi une affection courante et apparemment bénigne du microbiome vaginal peut entraîner une fausse couche, un accouchement prématuré et à d'autres complications de santé.

 

La vaginose bactérienne est l’une des affections vaginales les plus courantes chez les femmes en âge de procréer. On estime que dans les pays riches, la condition touche environ 29 % des femmes âgées de 14 à 49 ans. La maladie est caractérisée par une attaque de certaines bactéries de la surface des cellules épithéliales du vagin. Ainsi, cette affection courante entraîne un déséquilibre du microbiome naturel du vagin ce qui entraîne dans certains cas, des complications en santé sexuelle et reproductive. Jusqu’à cette recherche cependant, les mécanismes menant à cette perturbation de la santé vaginale restaient mal compris.

En cas de vaginose bactérienne, certaines espèces bactériennes démantèlent les molécules protectrices présentes à la surface des cellules tapissant le vagin, dérégulant ainsi les processus clés qui permettent le renouvellement cellulaire, la mort des cellules sénescentes, et la réponse aux bactéries environnantes. Bien qu’associée à des risques de nombreuses complications de santé, la maladie n’est pas toujours diagnostiquée à temps, faute de symptômes systématiquement visibles.

« L'équilibre des bactéries dans le vagin joue un rôle clé dans la santé globale »

résume l’un des auteurs principaux, le Dr Warren G. Lewis, professeur d'obstétrique, de gynécologie et des sciences de la reproduction à l'École de médecine de l'UC San Diego : « On sait que la vaginose bactérienne peut entraîner des fausses couches, des accouchements prématurés, des infections post-chirurgicales, des maladies inflammatoires pelviennes et favoriser le développement des infections sexuellement transmissibles ».

"Même lorsque la vaginose bactérienne est identifiée et traitée, des récidives surviennent chez la plupart des patientes ».

L’étude s’est concentrée sur les cellules épithéliales qui tapissent le vagin. Parce que la surface des cellules épithéliales entre en contact avec des bactéries et d’autres microbes, elle est recouverte de chaînes de sucre denses, appelées glycanes. Les glycanes jouent un rôle clé dans la biologie cellulaire et contribuent notamment à protéger contre l’invasion microbienne et aider les cellules à adhérer les unes aux autres. Cependant, les glycanes sont également une source de nourriture pour les bactéries.

 

  • Or les espèces bactériennes impliquées dans la vaginose bactérienne peuvent se nourrir des glycanes présents dans le mucus sécrété. Lorsque les chercheurs observent, in vitro, la dynamique des glycanes au niveau de cellules épithéliales issues d’échantillons vaginaux humains, ils observent que :
  • dans la vaginose bactérienne, les bactéries libèrent des enzymes appelées sialidases qui démantèlent partiellement les molécules protectrices de glycane à la surface des cellules épithéliales.
  • Ils parviennent également à reproduire un état de type vaginose bactérienne dans les cellules épithéliales « normales » en les traitant directement avec des enzymes sialidase produites en laboratoire ;
  • Ces enzymes sialidase pourraient contribuer à expliquer le développement des différentes complications associées à la maladie ;
  • l’analyse de la surface des cellules épithéliales vaginales à ce niveau de détail biochimique pourrait faciliter le diagnostic de la vaginose bactérienne : les enzymes sialidase pourraient en effet être un marqueur de la maladie ;
  • enfin, toujours à la surface des cellules épithéliales vaginales, les chercheurs identifient des modèles de glycosylation qui pourraient également aider à identifier les patientes atteintes de la maladie-donc plus à risque de complications de grossesse ou même de risque de récidives.  

 

Les chercheurs appellent leurs collègues « à se familiariser avec les symptômes de la vaginose bactérienne » et rappellent aux femmes qu'il est préférable d'éviter de se doucher ou d'utiliser des produits parfumés pour la toilette intime, ces produits pouvant favoriser les déséquilibres microbiens.

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