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VANCOMYCINE : L’antibiotique qui colle pour un effet maximal

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 2 jours
Scientific Reports
La vancomycine adhère aux muqueuses et reste en place dans le corps, ce qui lui donne tout « le temps de régler le problème »

Ces chercheurs de l’Université de Nottingham font une découverte étonnante et utile : un antibiotique habituellement indiqué pour traiter une infection intestinale, la vancomycine, reste en place dans le corps, ce qui lui donne tout « le temps de régler le problème ». La découverte de ce mécanisme pharmacodynamique, présentée dans les Scientific Reports, permet de mieux comprendre l’action de cet antibiotique de dernière ligne et ouvre de nouvelles perspectives pour de nouveaux antibiotiques plus efficaces contre les superbactéries.

 

L’exemple pris ici est celui de la colite pseudomembraneuse, une inflammation invalidante du côlon causée par une infection à Clostridium difficile (et parfois à Staphylococcus aureus). L'antibiotique indiqué est la vancomycine -par voie orale. Pour être efficace, la vancomycine doit rester dans le tractus gastro-intestinal (intestin) et ne pas être diluée ou diffusée à travers la muqueuse intestinale et dans la circulation sanguine. Cette équipe de Nottingham et de Leeds confirme ici ce mécanisme de « maintien en place », le décrypte et suggère de l’exploiter plus avant.

Un mécanisme unique qui aboutit à un complexe antibiotique muco-adhésif

Les chercheurs montrent que les molécules de protéines et de glucides de l'intestin appelées mucines constituent une formidable barrière qui empêche le médicament de s'échapper. Ces molécules utilisent un mécanisme unique qui consiste à former de grands complexes moléculaires ou amas. Précisément, l’antibiotique et les mucines se rejoignent pour former un complexe muco-adhésif, qui piège l'antibiotique, retarde son transit dans l’intestin et augmente ainsi son efficacité.

 

Un phénomène d'agrégation qui concentre l’effet thérapeutique : l’auteur principal, le Dr Mary Phillips-Jones, professeur agrégé de biophysique à l'Université de Nottingham, rappelle que la vancomycine est un antibiotique de dernière ligne permettant de lutter contre plusieurs pathogènes résistants, dont le SARM et C. difficile. L'effet d'agrégation avec les mucines intestinales révélé avec cette étude, apporte de nouvelles informations sur le mécanisme d’action de l'antibiotique lorsqu’administré par voie orale, mais également de nouvelles perspectives sur son comportement en cas d’administration par perfusion. Si le phénomène d'agrégation peut contribuer à expliquer l’émergence dans certains cas d’un mécanisme de résistance, les chercheurs soulignent que ses avantages du traitement par voie orale au bon moment et à dessein, l'emportent sur ce risque de résistance.

 

Les auteurs concluent sur « le caractère remarquable » de » l’antibiotique vancomycine et sur cette propriété muco-adhésive qui ralentit son transit dans l'intestin et optimise son effet thérapeutique.

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