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VARIOLE du SINGE : Pourquoi le monkeypox reste une menace

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 1 semaine
Biosafety and Health
Le virus du monkeypox (MPXV) évolue extrêmement rapidement (Visuel Adobe Stock 520927353)

Alors qu’au 1er janvier 2023, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense, sur l’année 2022, un total cumulé de 83.943 cas de monkeypox (mpox) confirmés en laboratoire et 75 décès dans le monde, que la tendance d’évolution de l’épidémie reste incertaine, cette équipe de virologues de la Sun Yat-sen University (Guangzhou) alerte, dans la revue Biosafety and Health, sur la capacité du virus du monkeypox (MPXV) à évoluer extrêmement rapidement et au danger que pourrait représenter ce virus utilisé comme agent de guerre biologique.

 

Au 1er septembre 2022, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié l'épidémie mondiale de monkeypox d’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) au même niveau que la variole et le COVID-19.

 

Au 1er janvier 2023, avec plus de 4.000 cas, la France fait partie des 10 pays qui ont signalé le plus grand nombre cumulé de cas dans le monde : États-Unis : 29.603, Brésil : 10 498, Espagne : 7.496, France : 4.114, Colombie : 4.021, Royaume-Uni : 3.730, Allemagne : 3.676, Pérou : 3.643, Mexique : 3.637 et Canada : 1.460. A eux-seuls, ces 10 pays concentrent 86 % des cas signalés dans le monde.

La propagation de la variole du singe constitue plus que jamais une véritable menace

Selon l’équipe chinoise qui passe ici en revue les caractéristiques du virus monkeypox, dont sa pathogénicité, sa transmissibilité, les données épidémiologiques, et l’évolution du virus, alors que la pandémie de COVID-19 n'est pas encore sous contrôle, la propagation de la variole du singe constitue une véritable menace.

 

De véritables stratégies mondiales sont urgentes, qui, dans un contexte déjà pandémique et de communications internationales permettraient de réduire la menace pour la santé et la biosécurité mondiales. Ainsi, les chercheurs sensibilisent aux grands efforts nécessaires en matière de surveillance, de recherche et de prévention du monkeypox, afin de garder, au contraire de la lutte contre le SARS-CoV-2, une longueur d'avance sur le virus MPXV. Parmi les grandes mesures mondiales suggérées :

 

  • la création d’un réseau mondial de biosécurité pour le monkeypox : s’ils existent dans la plupart des pays, les réseaux de surveillance du monkeypox restent fragiles et imparfaits dans de nombreux pays, en particulier en raison de la transmission encore limitée du MPXV, des symptômes modérés et du manque de données sur les espèces réservoirs potentiels. Sur de grands progrès ont été accomplis dans les réseaux de surveillance, notamment sous l’égide de l’OMS, ces réseaux laissent encore passer les maladies infectieuses plus rares ;
  • la mise en œuvre de mesures barrières outre le renforcement de la surveillance, comme des tests de détection du MPXV aux douanes et autres points d'entrée et de sortie et l'amélioration de la surveillance et contrôle des animaux importés est également suggérée ;
  • la recherche doit s’intensifier sur la variabilité, la pathogénicité et la transmissibilité du MPXV. Une meilleure compréhension de l'évolution naturellement adaptative du monkeypox reste également nécessaire. A ce jour, relèvent les auteurs, il existe peu d'études sur les multiples fonctions des gènes, sur les mécanismes d'infection, sur les processus de transmission interhumaine ainsi que sur le glissement antigénique. Ainsi, les raisons de la diversité de pathogénicité entre les 2 clades documentés de MPXV restent mal comprises.

 

Le message reste bien de ne pas sous-estimer la menace posée par le monkeypox, à l’heure de la 6è vague chinoise de COVID-19.