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THE VERT : Une botte secrète contre l’antibiorésistance ?

Actualité publiée il y a 3 semaines 3 jours 20 heures
Journal of Medical Microbiology
L'épigallocatéchine semble pouvoir restaurer l'activité et l’efficacité de l'aztréonam, un antibiotique couramment utilisé pour traiter les infections causées par la bactérie Pseudomonas aeruginosa

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la bactérie Pseudomonas aeruginosa résistante aux antibiotiques comme une menace sévère pour la Santé publique. P aeruginosa est responsable d’un grand nombre d’infections nosocomiales sévères voire mortelles. Cette équipe de l'Université de Surrey suggère, dans le Journal of Medical Microbiology qu'un antioxydant naturel, l'épigallocatéchine (EGCG) peut restaurer l'activité et l’efficacité de l'aztréonam, un antibiotique couramment utilisé pour traiter les infections causées par ce pathogène. Cet agent naturel, déjà documenté pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, semble ici faciliter une absorption accrue de l'aztréonam en augmentant la perméabilité de la bactérie.

 

P. aeruginosa est associée à de graves infections respiratoires et du sang et, récemment le pathogène a développé une résistance à de nombreuses grandes classes d'antibiotiques. Actuellement, pour lutter contre ces infections résistantes à P. aeruginosa, il est nécessaire d’utiliser une combinaison d'antibiotiques. Cependant, ces infections deviennent de plus en plus difficiles à traiter, on commence à observer une résistance aux antibiotiques de dernière ligne.

L’épigallocatéchine redonne une nouvelle « jeunesse » à l'aztréonam

Une efficacité synergique confirmée in vivo : pour évaluer la puissance de la synergie de l'EGCG et de l'aztréonam, les chercheurs ont mené des tests in vitro afin d'analyser la manière dont les molécules combinées interagissaient avec P. aeruginosa, individuellement et en combinaison. L’expérience montre que la combinaison d'aztréonam et d'EGCG est bien plus efficace à éliminer P. aeruginosa que chaque agent seul. Cette activité synergique est également in vivo sur des larves Galleria mellonella dont les taux de survie sont significativement plus élevés lorsqu’elles sont traitées avec la combinaison EGCG + aztréonam. De plus, l’expérience suggère une toxicité minime voire nulle de la combinaison sur des lignées cellules cutanées humaines et les larves de Galleria mellonella.

 

Quelle explication ? Il est possible, selon les chercheurs, qu’EGCG puisse faciliter une absorption accrue de l'aztréonam par la bactérie, en augmentant sa perméabilité. Ensuite, l'EGCG pourrait interférer avec une voie biochimique liée à la sensibilité aux antibiotiques.

 

Alors que le développement de nouveaux antibiotiques est trop modeste pour faire face à la menace croissante de l'antibiorésistance, la mise au point de nouveaux traitements, à base de médicaments existants et de produits naturels « boostants » tels que l'EGCG constitue une voie prometteuse.

L’auteur principal, le professeur Roberto La Ragione, chef du service de pathologie et des maladies infectieuses de l'Université de Surrey, espère que ces premiers résultats mèneront à des combinaisons thérapeutiques utilisables rapidement en pratique clinique.

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