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VIH: Ils éliminent le génome viral de cellules T infectées

Actualité publiée il y a 3 années 8 mois 3 semaines
Nature Scientific Reports

Ce système d'édition du génome, conçu par des scientifiques de l'Université Temple ouvre une toute nouvelle voie de traitement, aux patients infectés par le VIH. L’équipe franchit une première étape in vivo, en démontrant l’efficacité, la sécurité et la capacité de la technique à éliminer l’ADN du virus de cellules humaines infectées en culture. Ces premiers résultats, présentés dans les Nature Scientific Reports, montrent que ce système d’édition de gènes est capable non seulement de supprimer la réplication virale mais de réduire considérablement la charge virale dans les cellules des patients.

L'auteur principal de l'étude, Kamel Khalili, neurovirologue à la Temple Université rappelle que si les médicaments antirétroviraux parviennent à bien contrôler l'infection par le VIH mais que le moindre arrêt du traitement est suivi d'un rebond rapide de la réplication du VIH. La présence de nombreuses copies du virus affaiblit alors le système immunitaire et provoque le SIDA. Guérir le VIH / SIDA suppose d'éliminer le virus après qu'il ait infecté sa première cible, les lymphocytes T CD4. De récentes tentatives ont mis l'accent sur la réactivation du virus afin de stimuler une forte réponse immunitaire capable d'éradiquer le virus des cellules infectées. Cependant, à ce jour, aucune de ces approches n'a été couronnée de succès.


Ici, l'équipe tente une approche différente, en ciblant directement le génome viral intégré via une technique d'édition de gènes sur mesure développée par l'équipe. Le système utilise un ARN pilote qui localise spécifiquement l'ADN du VIH-1 dans le génome des cellules T, une enzyme nucléase qui coupe les brins d'ADN des lymphocytes T. Une fois que l'enzyme a coupé la séquence d'ADN du VIH-1, les extrémités libres du génome sont réunies par la propre « machinerie » de réparation d'ADN de la cellule. Ici, les chercheurs font l'exercice sur les cellules T CD4 infectées, « actives » ou latentes, et montrent que la technologie permet d'éliminer le virus des cellules. Ils montrent aussi la persistance de cet effet qui protège les cellules « nettoyées » contre la réinfection. Enfin, sur des cultures de cellules T provenant de patients infectés par le VIH, ils montrent que le traitement par système d'édition de gènes peut supprimer la réplication virale et réduire considérablement la charge virale.

Aucun effet collatéral ? On pourrait craindre que cette intervention par édition de gènes sur les cellules puisse avoir des effets indésirables. En utilisant une technique de séquençage du génome entier « ultra-profond », les chercheurs ont aussi analysé les génomes des cellules nettoyées pour regarder si l'intervention n'avait pas entraîné des mutations en dehors de la région ciblée. Leur analyse exclut ces effets collatéraux sur l'expression du génome cellulaire. Ces cellules débarrassées du VIH-1 se multiplient et fonctionnent normalement.

Ces travaux apportent ainsi une preuve de concept et d'efficacité des techniques d'édition du génome pour éliminer le génome viral des cellules T CD4 infectées et pour inactiver de manière permanente sa réplication. En outre, le système peut protéger les cellules contre les réinfections et la technologie semble sans danger pour les cellules, « sans effets toxiques », concluent les auteurs.

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