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VIOLENCE, HARCÈLEMENT SEXUEL : C’est aussi un risque démultiplié d’hypertension artérielle

Actualité publiée il y a 9 mois 1 semaine 2 jours
JAHA
C’est un effet tout aussi dramatique de l’agression, du harcèlement et de la violence sexuelle faite aux femmes : l'hypertension artérielle (Visuel Adobe Stock 334527797)

C’est un effet tout aussi dramatique de l’agression, du harcèlement et de la violence sexuelle faite aux femmes, qui vient d’être documenté par cette équipe de la Harvard TH Chan School of Public Health (Boston) : ces femmes encourent un risque très accru d’hypertension artérielle (HTA). Ainsi, pour la première fois, cette large étude, publiée dans le Journal of the American Heart Association (JAHA) documente une forte corrélation entre la violence sexuelle subie et la santé cardiovasculaire chez les femmes.

 

Cet effet durable vient s’ajouter à la multitude de conséquences négatives en santé mentale et en réduction de la qualité de vie. Ainsi, de précédentes études ont déjà suggéré que les expériences de vie stressantes ou traumatisantes, dont l'exposition à la violence sexuelle, sont associées à la fois à des problèmes de santé mentale et à des problèmes de santé physique tels que les maladies cardiovasculaires. Des recherches antérieures ont également montré que l'hypertension artérielle augmente le risque de maladie cardiovasculaire. Mais alors que la violence sexuelle est une expérience tristement courante, affectant ici plus de 20% des femmes de l'échantillon, alors que la maladie cardiaque reste la première cause de décès dans le monde,

ces données impliquent aussi la prise en compte des antécédents d'agressions sexuelles, dans la surveillance cardiovasculaire des femmes.

 

« Nos résultats révèlent que les femmes qui ont subi à la fois des agressions sexuelles et un harcèlement sexuel au travail présentent le risque le plus élevé d'hypertension (HTA) », résume l’auteur principal, le Dr Rebecca B. Lawn, de la Harvard TH Chan School.

Les effets cumulatifs d'expositions multiples à la violence sexuelle sur la santé cardiovasculaire

L'étude : l’équipe analyse ici l’association entre l'exposition à vie à la violence sexuelle et la pression artérielle, tout en tenant compte des impacts possibles de l'exposition à d'autres types de traumatismes. Cette étude utilise les données de la Nurses' Health Study II (NHS II), une étude longitudinale débutée en 1989 suivant au total plus de 115.000 participantes. Les données disponibles comprennent les variables sociodémographiques, médicales et comportementales. L’équipe s’est concentrée sur un sous-groupe de participantes victimes de harcèlement sexuel au travail (physique ou verbal) et pour certaines, victimes de rapports sexuels non désirés. Les participantes déjà diagnostiquées comme hypertendues, ont été exclues. L’analyse a finalement inclus 33.127 femmes âgées de 43 à 64 ans en 2008. Cette analyse révèle des résultats marquants :

 

  • les expériences de violence sexuelle sont courantes : environ 23 % des participantes ont subi une agression sexuelle au cours de leur vie et 12 % avaient été victimes de harcèlement sexuel au travail. Environ 6 % des participantes ont subi ces 2 formes d’agression ;
  • 21 % des femmes ont développé une hypertension artérielle au cours de la période de suivi, de 2008 à 2015 ;
  • en comparaison des femmes n’ayant jamais subi de traumatisme, les femmes ayant subi une agression sexuelle encourent un risque accru de 11 % d’hypertension artérielle, tout comme les femmes qui ont subi du harcèlement sexuel au travail. Le risque d’HTA augmente encore (+ 21%) pour les femmes ayant subi les 2 types d’agression ;
  • ces associations persistent après prise en compte de facteurs de confusion possibles, dont les comorbidités préexistantes ;

 

La violence sexuelle, un facteur d'hypertension négligé : les chercheurs notent que le risque d’HTA associé à la violence sexuelle au cours de la vie est d'une ampleur similaire aux associations avec d'autres facteurs qui ont reçu jusque-là plus d'attention, tels que l'exposition à des abus sexuels pendant l'enfance ou l'adolescence, la durée du sommeil ou encore l’exposition à la pollution.

 

Un examen plus approfondi des liens entre la violence sexuelle et la pression artérielle pourrait faire la lumière sur les impacts plus larges de la violence sexuelle sur la santé et révéler des pistes possibles d'intervention clinique.

Dans l’attente, « cette étude souligne pourquoi il est important de prendre en compte ces expériences d'agression  et de harcèlement sexuel au travail dans l’évaluation de la santé des femmes ».

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