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VIOLENCE CONJUGALE : Plus d'un quart des femmes en ont été victimes

Actualité publiée il y a 4 mois 2 semaines 2 jours
The Lancet
Plus d'un quart des femmes, soit des millions de femmes dans le monde, ont été ou seront victimes de violence conjugale au cours de leur vie (Fotolia 57080182).

L'Agenda 2030 des Nations Unies a appelé à mettre fin à la violence à l'égard des femmes dans ses objectifs de développement durable. Aujourd’hui, cette étude révèle toute l’ampleur de ce problème de santé publique mondial : plus d'un quart des femmes, soit des millions de femmes dans le monde, ont été ou seront victimes de violence conjugale au cours de leur vie. Il s’agit de plus grande étude jamais réalisée sur la prévalence de la violence sexuelle et/ou physique contre les femmes exercée par un partenaire intime masculin. Cette méta-analyse de données d’enquêtes menées entre 2000 et 2018 indique précisément que 27 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été victimes de ces violences au cours de leur vie, et 13 % l'ont été au cours de l'année écoulée.

 

La violence entre partenaires intimes de femmes ayant déjà eu un couple (définies comme des femmes qui sont ou ont été mariées, cohabitent ou ont un partenaire sexuel de longue durée) fait référence à des comportements physiquement, sexuellement et psychologiquement nuisibles dans le contexte du mariage, de la cohabitation, ou de toute autre forme d'union. Cette violence a des impacts majeurs à court et à long terme sur la santé physique et mentale de la victime.

(Visuel The Lancet)

Plus d'une femme sur 4, victime de violence domestique au cours de sa vie

L’analyse a utilisé notamment les données de la base de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la prévalence de la violence à l'égard des femmes, une base qui couvre 90 % des femmes dans le monde. Ces estimations indiquent qu’ainsi, avant la pandémie de COVID-19, 27 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ayant déjà eu un couple avaient subi violence physique et/ou sexuelle de la part d'un partenaire intime au cours de leur vie, une personne sur 7 (13 %) ayant été victime de violence récente de la part d'un partenaire intime au cours des 12 derniers mois.

 

Ces résultats, alarmants, illustrent néanmoins une petite « amélioration » : en 2013, l'OMS avait publié de premières estimations mondiales et régionales sur la prévalence de la violence physique et/ou sexuelle entre partenaires intimes et de la violence sexuelle non conjugale à partir de données d'enquêtes menées jusqu'en 2010. La conclusion était alors également sans appel : soit 1 femme sur 3, victime de violences physiques et/ou sexuelles de la part de partenaires et de non-partenaires.

 

La violence « conjugale » touche fortement les femmes jeunes : autre résultat marquant, la violence entre partenaires intimes commence très tôt et touche fortement les tranches d'âge les plus jeunes : ainsi, 24 % des femmes âgées de 15 à 19 ans ont subi au moins une violence de la part d'un partenaire intime depuis l'âge de 15 ans. Ces résultats lancent un signal d’alarme et soulignent le besoin urgent de construire et de manière internationale, une réponse de santé publique à la violence conjugale.

 

La pandémie COVID a exacerbé la violence : la pandémie a entraîné des facteurs de violence conjugale comme l'isolement, la dépression et l'anxiété, et la consommation d'alcool, et une réduction de l'accès aux services de soutien. Cet effort nécessaire et urgent de réduction des violences conjugales doit donc également s’inscrire dans les efforts de reconstruction post-COVID.

 

Une méta-analyse inédite : ces données sont issues de plus de 300 enquêtes et études menées entre 2000 et 2018, dans 161 pays et auprès d’un total de 2 millions de femmes âgées de 15 ans et plus, représentatives de 90 % de la population féminine mondiale. L'analyse ne laisse donc que peu de place au biais statistique. Même si, une grande partie de ces données étant auto-déclarées on peut penser que l’incidence de la violence est sous-estimée. Parmi ses principaux résultats :

 

  • 27 %, soit environ une femme sur quatre âgée de 15 à 49 ans, ayant déjà eu un couple, a été victime de violence conjugale au moins une fois dans sa vie depuis l'âge de 15 ans ;
  • Ainsi, en 2018, jusqu'à 492 millions de femmes âgées de 15 à 49 ans ont été victimes de violence conjugale,
  • soit 13 % ou 1 femme sur 7 au cours des 12 derniers mois ;
  • des niveaux élevés de violence conjugale subis par les adolescentes et les jeunes femmes : 24 % des jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans (soit près d’1 sur 4) ont subi des violences conjugales au cours de leur vie, 16 % (ou 1 sur 6 ayant subi des violences de la part du partenaire intime au cours des 12 derniers mois) ;

« Une violence qui aura des répercussions durables sur leur santé et leur bien-être »

relève Lynnmarie Sardinha, chercheur à l’OMS et l’un des auteurs principaux de l’étude ;

  • Il existe une forte variabilité de la violence conjugale selon les régions du monde :
  • les régions ayant les estimations de prévalence de la violence entre partenaires intimes les plus faibles au cours de la vie étant l'Asie centrale (18 %) et l'Europe centrale (16 %) ;
  • la prévalence de la violence entre partenaires intimes au cours des 12 derniers mois est la plus élevée en Afrique subsaharienne centrale (32 %), en Océanie (29 %) et en Afrique subsaharienne orientale (24 %) et en Asie du Sud (19 %) ;
  • dans l'ensemble, les pays à revenu élevé affichent des taux de prévalence estimés plus faibles de la violence conjugale au cours de la vie et de l'année précédente chez les femmes âgées de 15 à 49 ans.

 

Atteindre à tout prix l’objectif zéro violence :  l'analyse révèle qu’il sera difficile voire impossible d’atteindre les objectifs d'éradication de la violence à l'égard des femmes. « Bien que des progrès aient été réalisés au cours des 20 dernières années, ils restent largement insuffisants pour atteindre l'objectif », conclut l’auteur principal, Claudia García-Moreno, chercheur à l'Organisation mondiale de la santé. face à ces données alarmantes et probablement sous-estimées, les auteurs appellent à des interventions fortes et efficaces et à une réponse de santé publique à la hauteur. Il, s’agit de s'attaquer à ce problème dès la fin de pandémie de COVID-19.

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