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VIRUS HERPÈS et incidence accrue du diabète de type 2

Actualité publiée il y a 5 jours 16 heures 16 min
Diabetologia
La prévalence du diabète de type 2 augmente et est plus élevée chez les personnes positives pour les herpès virus (Visuel Adobe Stock 80438583).

La prévalence du diabète de type 2 augmente et de précédentes études ont suggéré qu'elle est plus élevée chez les personnes positives pour les herpès virus. Cette étude, publiée dans la revue Diabetologia, qui a examiné l'association des virus de l'herpès avec le (pré)diabète, confirme leur rôle possible dans l'étiologie du diabète : en d’autres termes, l'infection par le virus de l'herpès peut augmenter le risque de diabète.

 

La famille des herpès virus est constituée d'une centaine de virus dont 8 virus humains. 2 de ces virus pourraient contribuer à une altération du métabolisme du glucose et augmenter le risque de diabète chez les personnes infectées, révèle cette étude, menée à l'Université Ludwig-Maximilians (Munich).

 

Les virus de l'herpès font partie des virus les plus répandus chez l'Homme, avec 8 types actuellement connus : les virus de l'herpès simplex (HSV) 1 et 2, le virus varicelle-zona (VZV), le virus d'Epstein-Barr (EBV), le cytomégalovirus (CMV) et les virus de l'herpès humain (HHV) 6, 7 et 8. Tous provoquent des infections latentes à vie chez leurs hôtes après une primo-infection généralement bénigne ou asymptomatique.

 

Le diabète est aussi une maladie métabolique à forte prévalence en population générale. On estime que 9,3 % de la population mondiale sont diabétiques. Les facteurs de diabète sont multiples, comportementaux, environnementaux et génétiques et jusqu'à récemment, les virus n'avaient pas été souvent proposés comme pouvant jouer un rôle dans l’étiologie du diabète.

HSV2 et CMV s’avèrent associés à l'incidence du (pré)diabète

L’étude a pris en compte les données de santé de 1.967 personnes âgées en moyenne de 54 ans, participant à la cohorte KORA (Cooperative Health Research in the Augsburg Region) qui avaient subi des examens de santé détaillés au départ (2006-2008) et lors du suivi (2013-2014), dont des tests pour l’infection aux herpès virus humains, des tests de tolérance au glucose, une mesure de l'hémoglobine glyquée (HbA1c). Les chercheurs ont pris en compte les facteurs de confusion possibles, dont le sexe, âge, IMC, le niveau d'études, le tabagisme, la pratique de l’activité physique, les antécédents familiaux de diabète et l'hypertension artérielle. L’analyse constate :

 

  • une prévalence du prédiabète de 27,5 % au départ et de 36,2 % au suivi ;
  • un diabète de type 2 chez 8,5 % des participants au départ et 14,6 % au suivi ;
  • sur les 1.257 participants ayant une tolérance au glucose normale au départ, 364 ont développé un prédiabète et 17 ont développé un diabète de type 2 au cours du suivi de 6,5 ans ;
  • l'âge, l'IMC, le tabagisme et le niveau d’études sont confirmés comme des facteurs associés au risque de prédiabète et de diabète de type 2 ;
  • les tests sanguins effectués au début de l'étude révèlent que l'EBV était l'herpès virus le plus répandu avec 98 % des participants séropositifs, suivi du HSV1 (88 %), du HHV7 (85 %), du VZV (79 %), du CMV (46 % ), HHV6 (39 %) et HSV2 (11 %) ;
  • en moyenne, les participants étaient séropositifs pour une moyenne de 4,4 virus de l'herpès au départ et de 4,7 au cours du suivi ;
  • 34% des participants ont été testés positifs pour un plus grand nombre d’herpès virus à la fin du suivi ;
  • sur les 7 herpès virus examinés, HSV2 et CMV s’avèrent associés à l'incidence du (pré)diabète chez des participants qui présentaient une tolérance au glucose normale au départ, indépendamment des autres facteurs de risque ;
  • les participants atteints de HSV2 présentent un risque accru de 59 % de développer un (pré)diabète vs les participants séronégatifs ;
  • les participants atteints de CMV présentent un risque accru de 33 % de développer un (pré)diabète vs les participants séronégatifs ;

 

les virus HSV2 et CMV apparaissent « contribuer de manière cohérente et complémentaire au développement du (pré)diabète »,

écrivent les chercheurs.

  • L’infection à HSV2 s'est également avérée associée au taux d'HbA1c, indépendamment des autres facteurs de confusion et de la prévalence du (pré)diabète.

 

En résumé, si l'incidence du (pré)diabète s'explique principalement par ses facteurs de risques majeurs dont l'âge, l'IMC, le cholestérol et la glycémie à jeun, le HSV2 et le CMV participent également au niveau de risque.

 

Quels mécanismes ? "Ces mécanismes restent à découvrir. Le HSV2 et le CMV provoquent des infections chroniques qui pourraient moduler le système immunitaire en stimulant ou en supprimant son activité, ce qui pourrait influencer la fonction du système endocrinien (hormonal)", suggèrent ici les chercheurs.  

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