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VITAMINE D : Quelle efficacité contre les infections respiratoires aiguës ?

Actualité publiée il y a 1 année 11 mois 3 jours
British Medical Journal
La supplémentation en vitamine D réduit, de 12% en moyenne, le risque d'infection aiguë des voies respiratoires

Les infections respiratoires sont une cause majeure de morbidité et de mortalité et entraînent plus de 2,6 millions de décès dans le monde chaque année. Toute mesure hygiéno-diététique simple qui pourrait avoir un impact sur cette incidence élevée serait donc bienvenue. Si les niveaux de vitamine D ont déjà été documentés comme associés à la susceptibilité à ce type d’infections, les conclusions des études restent contradictoires. Cette nouvelle méta-analyse d’essais sélectionnés avec soin par un consortium international de chercheurs, confirme, dans le British Medical Journal, tout l’intérêt d’une telle supplémentation, en particulier en cas de carence, avec une réduction moyenne du risque au-delà des 20% et sans risque d’effets indésirables.

 

Les principales méta-analyses menées sur l’efficacité d’une supplémentation en vitamine D à protéger contre les pathogènes en cause dans ce type d’infections ont abouti en effet à des résultats mitigés. Cependant des études observationnelles ont suggéré des associations indépendantes entre les concentrations sériques du principal métabolite circulant de la vitamine D (la 25-hydroxy-vitamine D) et la sensibilité aux infections respiratoires aiguës. La « vitamine D » semble en effet favoriser l'induction de peptides antimicrobiens en réponse aux stimuli viraux et bactériens. En synthèse, la vitamine D pourrait déclencher un mécanisme de protection contre les pathogènes responsables. Ces données ont donc incité l’équipe à regarder si la supplémentation en vitamine D peut diminuer le risque d'infection aiguë des voies respiratoires à identifier les éventuels facteurs modifiant cet effet.

 

 

La supplémentation en vitamine D réduit, de 12% en moyenne, le risque d'infection aiguë des voies respiratoires : l’équipe a mené une revue systématique et une méta-analyse des données individuelles de 10.933 patients, âgés de 0 à 95 ans, ayant participé aux 25 essais sélectionnés -contrôlés randomisés en double aveugle contre placebo-, menés sur la supplémentation en vitamine D3 ou en vitamine D2. Les données comportaient le nombre total d'infections aiguës des voies respiratoires, le nombre total de cycles d'antibiotiques pris pour une infection, le nombre total de jours d’absence maladie et l’évolution de la concentration sérique de 25-hydroxy-vitamine, …L’analyse montre que :

  • la supplémentation en vitamine D réduit, de 12% en moyenne, le risque d'infection aiguë des voies respiratoires ;
  • des effets protecteurs sont observés chez les patients recevant quotidiennement ou hebdomadairement de la vitamine D sans autre supplémentation mais pas chez autres les participants supplémentés ;
  • ces effets protecteurs sont plus marqués chez les patients déficients (taux initiaux de 25-hydroxyvitamine D  <25 nmol / L) ;
  • la supplémentation n’a pas accru le taux de participants ayant connu au moins un événement indésirable grave.

 

 

Fréquence et dosage, 2 facteurs majeurs d’efficacité : le bénéfice s’avère plus important chez les patients recevant quotidiennement ou hebdomadairement de la vitamine D hors de toute autre supplémentation et les effets protecteurs contre les infections aiguës des voies respiratoires dans ce groupe s’avèrent également plus marqués chez ceux ayant une carence profonde en vitamine D.

 

 

Alors pourquoi de précédents résultats contradictoires ? Cette hétérogénéité pourrait résulter de la variation des caractéristiques, en particulier métaboliques, des participants et des méthodologies entre les essais retenus pour les précédentes méta-analyses.

Cette nouvelle analyse, menée sur une sélection d’essais décrits comme de « haute qualité » présente ainsi la supplémentation en vitamine D comme sans danger et efficace à protéger contre les infections respiratoires aiguës, en particulier les patients carencés. Un appel donc à renforcer les interventions en Santé publiques pour optimiser le statut en vitamine D.

 

Sans oublier cependant que prendre une supplémentation n’est pas anodin et passe par le conseil du médecin.

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