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VRS : Vacciner les mères pendant la grossesse pour protéger les nourrissons ?

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 3 semaines
NEJM
La vaccination des mères pendant la grossesse pourrait prévenir la maladie à VRS ou du moins limiter sa sévérité chez les nourrissons (Visuel Adobe Stock 166378361)

La vaccination des mères pendant la grossesse pourrait prévenir l'infection à VRS ou du moins limiter sa sévérité chez les nourrissons, montre cette étude clinique menée par une équipe de la Charité - Universitätsmedizin Berlin. L’étude, publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM), montre que non seulement le vaccin est efficace mais qu’il est également bien toléré.

 

On estime qu'environ 50 à 70 % des enfants des pays riches contractent le virus respiratoire syncytial (VRS) au cours de la première année de leur vie, et presque tous les enfants auront été infectés au moins une fois avant d'atteindre l'âge de 2 ans. La maladie commence généralement par de légers symptômes de type rhume avant de progresser vers les voies respiratoires inférieures et les poumons. La maladie peut provoquer des problèmes respiratoires aigus et un essoufflement. Si l’infection est généralement bégnine, le VRS entraine cependant environ 100.000 décès, chaque année, chez des enfants de moins de 5 ans, dont la grande majorité dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

 

Alors que seuls des traitements contre les symptômes sont disponibles, et que dans les cas les plus sévères, l'oxygénothérapie peut sauver des vues, dans les pays les plus pauvres, l’accès à ces soins reste relativement limité, souligne l’un des auteurs principaux, le Dr Beate Kampmann, professeur de Santé publique mondiale. « Cela implique un besoin urgent d'un vaccin pour fournir une protection efficace aux petits enfants contre l’infection à VRS ».

L’option prometteuse de la vaccination pendant la grossesse

La vaccination maternelle est déjà recommandée pour d'autres maladies telles que la grippe, la coqueluche et le COVID-19. Les femmes enceintes génèrent des anticorps après avoir reçu le vaccin, puis les transmettent à l'enfant à naître par le placenta. Le bébé naît avec des défenses immunitaires efficaces qui persistent pendant les premiers mois de la vie. Un nouveau vaccin, « RSV-preF », ciblant le VRS,vient d'être développé, à administrer pendant la grossesse. RSV-preF, fait ici l'objet d'une vaste étude internationale menée dans 18 pays entre 2020 et 2022 avec l’objectif d’évaluer sa tolérance et son efficacité.

 

L'essai de phase III a suivi 3.682 participantes sélectionnées au hasard, dans des pays riches et des pays à revenus faibles ou intermédiaires (par ex. 200 enfants sont nés en Gambie) qui ont reçu le vaccin au cours du 2è ou 3è trimestre de la grossesse par injection dans la partie supérieure du bras. Un groupe témoin a reçu une injection de placebo ne contenant aucun vaccin. L’essai a été mené en double aveugle, c’est-à-dire que ni les médecins, ni les participantes ne savaient qui avait reçu le vaccin et qui avait reçu le placebo. Les enfants ont été suivi de 1 à 2 ans après la naissance, ont été testés en cas de symptôme pour le VRS et en cas d’infection, la gravité de la maladie a été évaluée selon une échelle prédéfinie.

 

Des résultats extrêmement positifs : l’analyse révèle que :

 

  • chez plus de 80 % des enfants, la vaccination maternelle pendant la grossesse a permis d'éviter une infection grave par le VRS au cours des 3 premiers mois de la vie ;
  • plus des 2 tiers étaient encore protégés à l'âge de 6 mois ;
  • le vaccin a également été très bien toléré.
  • Le laboratoire fabricant vient de demander l’autorisation de mise sur le marché (AMM).

 

« Il est important de mener des essais de vaccins dans les pays où les vaccins seront utilisés. Surtout dans les pays socio-économiquement défavorisés, les gens souffrent souvent de maladies gastro-intestinales chroniques dues à de mauvaises conditions d'hygiène. Cela peut réduire l'efficacité de la vaccination, comme dans le cas du vaccin contre le rotavirus. Et il existe des comorbidités telles que le paludisme et le VIH qui entravent le transfert des anticorps à travers le placenta. Tous ces facteurs affectent l'efficacité d'un vaccin. ».


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