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ZIKA: La reproduction, le talon d'Achille du moustique?

Actualité publiée il y a 3 années 8 mois 4 jours
PLoS Neglected Tropical Diseases

Alors qu’on estime à plus de 40.000 le nombre de cas suspects d’infection au virus Zika dans le monde, que ses liens avec différents troubles neurologiques commencent à être établis, ces travaux de l’Université de Cornell progressent vers l’identification d’une faille chez le moustique vecteur, au cours de sa reproduction. De premiers résultats, présentés dans la revue PLoS Neglected Tropical Diseases qui valent pour les multiples maladies transmises par le moustique.

Un point épidémiologique : Au 10 mars 2016, si aucune transmission autochtone du virus Zika n'a été rapportée, 235 cas importés ont été recensés dans 16 pays d'Europe continentale, dont 15 cas chez des femmes enceintes. Depuis décembre 2015, 10.950 cas suspects ont été signalés en Martinique, 1.805 cas en Guyane française, 717 cas en Guadeloupe et 129 à Saint-Martin. A ce jour 40 pays dans le monde ont recensé des cas. Le 8 mars dernier, après avoir déclaré l'infection au virus Zika "urgence de santé publique internationale » l'Organisation mondiale de la Santé a fait part de ses préoccupations concernant l'augmentation des troubles neurologiques et des malformations néonatales et a émis des recommandations temporaires, y compris des conseils de report de voyage aux femmes enceintes. En début de ce mois, plusieurs études ont documenté les effets de l'infection : dans le New England Journal of Medicine, le lien entre l'infection à Zika et les anomalies fœtales, d'après une analyse des CDC, le lien épidémiologique entre les zones épidémiques et l'incidence des microcéphalies, dans le Lancet et le BMJ, le lien entre l'infection et le syndrome de Guillain-Barré et dans la revue Cell Stem Cell, le lien biologique entre l'infection et le risque de des microcéphalie. Ainsi, depuis octobre 2015 et à fin février 2016, le Brésil a signalé 5.909 cas suspects de microcéphalie dont 641 sont des cas confirmés de microcéphalie et dont 82 sont confirmés en laboratoire comme positifs au virus Zika. Chez ces cas suspects de microcéphalie, 139 décès intra-utérins ou néonatals ont été signalés. Quant au syndrome de Guillain-Barré, depuis octobre 2015, 5 pays ont signalé une augmentation d'incidence (Brésil, Suriname, Venezuela, El Salvador et Colombie).


La reproduction, le talon d'Achille du moustique ? L'idée part des données génétiques que les moustiques Aedes aegypti mâles transmettent lors de l'accouplement aux femelles, qui vont affecter l'activation ou la désactivation de gènes dans le sang de la femelle, des gènes liés à l'alimentation, au développement des œufs et à la défense immunitaire. La connaissance de ces processus peut en effet apporter des informations exploitables pour lutter non seulement contre l'infection à virus Zika mais contre toutes les maladies transmises par les moustiques, comme la dengue et le chikungunya. Les chercheurs ont ainsi ici 2 objectifs principaux :

· comprendre la biologie fondamentale du processus d'accouplement des moustiques,

· et essayer de développer à partir de là de nouvelles stratégies de lutte contre le moustique.

L'identification de protéines de fertilité : Les chercheurs aboutissent, par séquençage d'ARN dans le tractus génital inférieur des femelles en réponse à l'accouplement, immédiatement après l'accouplement, et 6 et 24 heures après, à mieux comprendre la façon dont l'expression génétique, le comportement et la physiologie de la drosophile femelle sont modifiés par l'accouplement : ainsi, l'accouplement induit des changements dans l'expression des gènes chez les femelles qui vont entraîner l'augmentation de la production d'œufs, une réduction de son alimentation et une diminution de la probabilité de nouvel accouplement.

Lutter contre la fertilité des moustiques femelles : C'est donc une première étape franchie vers la compréhension des molécules nécessaires à la femelle pour produire une descendance et donc une première identification de cibles permettant de lutter contre la fertilité des moustiques femelles. Les scientifiques espèrent pouvoir concevoir des inhibiteurs de ces molécules, capable de bloquer la production d'œufs ou encore un insecticide intelligent qui se lie à ces molécules et les rend inaccessibles à la femelle. Un principe qui vaudrait pour les multiples maladies transmises par les insectes.

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