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ACNÉ : Le résultat d’un déficit en oméga-3 ?

Actualité publiée il y a 5 jours 15 heures 40 min
EADV Spring Symposium
L'étude suggère un lien qui pourrait être crucial entre l'acné et un déficit en acides gras oméga-3 (Visuel Adobe Stock 136093778)

Cette équipe de dermatologues de la la Ludwig-Maximilian University (Munich) vient d’identifier un lien qui pourrait être crucial entre l'acné et un déficit en acides gras oméga-3. Ces conclusions, présentées lors du Spring Symposium de l'Académie européenne de dermatologie et de vénéréologie (EADV), ouvrent de nouvelles opportunités pour la gestion d'une maladie qui, selon les estimations, touche près de 23 millions de personnes en Europe.

 

Les résultats de l'étude montrent en effet que 94 % des patients atteints d'acné ont des niveaux inférieurs aux niveaux recommandés d'acides gras oméga-3 dans le sang.

 

Au-delà, l’étude confirme une forte prévalence de la maladie : 5,4 % des adultes des 27 pays européens souffrent d’acné avec des signes et symptômes divers, des taches ou des cicatrices, des kystes et une peau grasse principalement sur le visage, le dos et la poitrine. Si ce chiffre était extrapolé à l'ensemble de la population européenne, cela signifierait que plus de 20 millions d’Européens sont concernés. L’auteur principal, le Dr Anne Gϋrtler, du Département de Dermatologie de la Ludwig-Maximilian University, rappelle que « la nutrition joue un rôle central dans la prévention, l'apparition et l'évolution de nombreuses maladies, y compris les maladies dermatologiques dont l'acné ».

Chez les patients acnéiques, les niveaux de base en ω-3-FA doivent être évalués

L’étude a suivi 100 patients diagnostiqués avec l'acné et analysé les marqueurs nutritionnels dans le sang. L’analyse révèle que :

 

  • 94 % des patients ont des niveaux inférieurs aux recommandations (8-11 % ) d'acides gras oméga-3. (ω-3-FA ) ;
  • le régime alimentaire des patients est bien corrélé aux niveaux d'acide gras clé ;
  • les patients avec des niveaux d'oméga-3 inférieurs à 8% présentent des niveaux d'IGF-1 plus élevés, par rapport aux patients sans déficit ;
  • un déficit sévère (inférieur à 4%) est associé à des niveaux plus élevés d’IGF-1 et à une sévérité encore augmentée de l'acné.

 

Un appel aux dermatologues : les chercheurs appellent leurs homologues à s’intéresser au régime alimentaire de leurs patients souffrant d’acné : « dans le cadre d'une approche « moderne », les cliniciens devraient apporter à leurs aux patients des informations sur l’importance du régime alimentaire sur les diagnostics dermatologiques avec des conseils pour améliorer les résultats thérapeutiques ».

 

Depuis de nombreuses années, soulignent les auteurs, le régime occidental est mis à l’index en raison de ses effets directs sur les niveaux d'IGF-1. Cependant, les mesures nutritionnelles d'accompagnement préventives et thérapeutiques n'ont pas encore été suffisamment abordées. À cet égard, les acides gras oméga-3 (ω-3) semblent les plus prometteurs en raison de leurs effets anti-inflammatoires.

 

Les acides gras oméga-3, présents dans les aliments tels que les légumineuses, les algues, les noix, les graines, les poissons comme le saumon et les sardines, réduisent l'inflammation en stimulant la production de prostaglandines anti-inflammatoires E1 et E3, de leucotriène B5 et en abaissant les niveaux du facteur de croissance analogue à l'insuline (IGF-1), l'hormone centrale qui induit l'acné.

 

« Chez les patients acnéiques, les niveaux de base en oméga-3 (ω-3-FA ) dans les érythrocytes (globules rouges)  doivent être étudiés pour évaluer s'il existe de réelles carences et la supplémentation peut ensuite être envisagée. Si cette voie nécessite une exploration plus approfondie, elle apporte déjà de l'espoir aux patients atteints, avec une alternative -à confirmer- pour mieux gérer leur condition ».

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