AIDANTS : Un déclin du bien-être imparable avec le temps
Avec le temps, les aidants, qu’ils soient naturels ou familiaux, ou même professionnels, connaissent une baisse « irrémédiable » de leur bien-être, alerte à nouveau cette équipe de Psychologues de l’Université de Zurich. En d’autres termes, plus les aidants passent de temps à s'occuper de leurs proches ou de leurs patients, plus leur bien-être décline, quel que soit la pratique de soins, personnelle ou professionnelle. Des données qui soulignent la nécessité et l’urgence d’alléger le fardeau des soins prodigués par les aidants à ces patients au domicile, souvent âgés.
La prévalence des soins à domicile et des soins « naturels » progresse à l'échelle mondiale, avec le vieillissement des populations et la prévalence croissante des maladies chroniques. Les aidants naturels, qui doivent soudainement assurer ces soins « informels » voient leur vie également bouleversée avec de grands changement de leur bien-être et de leur qualité de vie.
Comment ces soins apportés à un proche affectent-ils le bien-être ?
Les recherches menées sur ce sujet ont apporté des conclusions mitigées, certaines suggérant que dispenser ces soins améliore le bien-être en procurant un sentiment d'utilité, d'autres insistant plus sur l’impact néfaste de la tension et de l’investissement émotionnel.
L’étude basée sur des données provenant de 28.663 aidants de 3 pays, ayant fourni un total de 281.884 témoignages et observations, montre :
- une baisse « imparable » de la satisfaction de vie et de la santé émotionnelle avec le temps ou l’antériorité des soins ;
- une augmentation de la solitude et de l’anxiété de l’aidant, en particulier chez les femmes, probablement liée à l’absence de loisirs et de temps libre ;
- le bien-être se dégrade au fil du temps et dans les années qui suivent le début de la prise en charge ;
- cette réduction du bien-être vaut à plusieurs titres, de la satisfaction de vie, des expériences émotionnelles, de la dépression/anxiété et de la solitude et ces conséquences mentales négatives sont souvent plus marquées chez les femmes que chez les hommes aidants.
- Le temps consacré à la prise en charge du proche ou du patient à domicile médie cette dégradation du bien-être :
- plus de temps passé à prendre soin signifie plus de dégradation du bien-être et de la qualité de vie.
L’intensité ou la complexité des soins, la relation entre l’aidant et la personne aidée ont, curieusement, beaucoup moins d’influence sur la baisse globale du bien-être de l’aidant ou du soignant.
- Le stress induit par la prise en charge d’un proche est variable, mais toujours significatif et mérite toujours d’être soulagé ou pris en charge.
Dans l’ensemble, les résultats sont cohérents avec la théorie du stress et montrent le déclin du bien-être qui touche souvent l’aidant naturel, et professionnel.
Les femmes semblent particulièrement vulnérables, probablement parce qu’elles ont tendance à devoir en plus assumer des responsabilités envers les autres membres de leur famille.
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