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ALCOOL : Non, une consommation modeste n'est pas toujours bénéfique pour le coeur

Actualité publiée il y a 2 mois 3 semaines 2 jours
European Heart Journal
Une consommation modeste d'alcool peut suffire à accroître la vulnérabilité à la fibrillation auriculaire (FA) (Visuel Adobe Stock 144030431)

Une "petite" boisson alcoolisée par jour suffit à accroître de manière significative le risque de fibrillation auriculaire, souligne cette équipe de l’University Heart and Vascular Center (Hambourg) dans l’European Heart Journal. L’étude qui a suivi plus de 100.000 participants sur une durée de plus de 14 ans conclut qu’une consommation modeste d'alcool suffit ainsi à accroître la vulnérabilité à la fibrillation auriculaire (FA).

 

Il était déjà connu qu’une consommation régulière et excessive d'alcool entraîne un risque accru d’insuffisance cardiaque, et l'insuffisance cardiaque augmente l'incidence de la fibrillation auriculaire. Plusieurs études ont également montré un risque légèrement plus élevé de troubles cardiaques chez les personnes qui ne boivent jamais d'alcool, suggéré que ce risque diminue ensuite pour les personnes qui boivent en quantité modeste, puis augmente ensuite fortement avec l’importance de la consommation d'alcool. Cette fonction en forme de « J » s’avère également représenter la corrélation entre la consommation d’alcool et la fibrillation auriculaire- une condition caractérisée par un rythme cardiaque anormal.

Même une consommation régulière très faible d'alcool peut augmenter le risque de FA

 Les chercheurs ont défini une boisson alcoolisée comme une boisson contenant 12 g d'éthanol, ce qui équivaut à un petit verre (120 ml) de vin, une petite bière (330 ml) ou 40 ml de spiritueux. Ils ont analysé les données de 107.845 participants de 5 études menées en Suède, en Norvège, en Finlande, au Danemark et en Italie, âgés en moyenne de 48 ans. Les participants ont subi des examens médicaux à l’inclusion et ont renseigné leurs antécédents médicaux, leur mode de vie (y compris la consommation d'alcool et de tabac), leur type d'emploi et leur niveau d’études. 100.092 participants étaient exempts de FA à l’inscription. Au cours du suivi, 5 854 personnes ont développé une FA.

  • une seule boisson alcoolisée par jour est liée à un risque accru de 16% de FA ;
  • cela suggère qu’une personne de plus sur 100 pourraient développer une FA au cours de la période de l'étude avec la consommation d’un peu plus d'1 boisson alcoolisée par semaine ;
  • les associations entre la consommation d'alcool et le risque de FA sont similaires pour tous les types de boissons alcoolisées et chez les hommes et les femmes ;
  • le risque de FA augmente avec la consommation d’alcool, au-delà du risque accru de 16% de FA constaté chez les personnes qui ne consomment qu'une seule boisson alcoolisée par jour : une consommation de 2 boissons alcoolisées par jour est ainsi associée à un risque accru de 28% de FA, de plus de 4 boissons alcoolisées par jour à un risque accru de 47% de FA.

 

Quel mécanisme ? Les mécanismes exacts par lesquels de si petites quantités d'alcool pourraient déclencher une FA restent incompris cependant les auteurs rappellent l’hypothèse du « syndrome du cœur en vacances » caractérisé par le déclenchement par une consommation excessive d'alcool sur une courte période de symptômes de fibrillation auriculaire ou d’épisodes d'arythmie.

 

Alors, une consommation faible d’alcool bénéfique pour le cœur ? « C’est une découverte importante », souligne l’auteur principal, le Dr Renate Schnabel, du Heart and Vascular Center de Hambourg, « car la consommation régulière d'alcool, au rythme « d’un verre de vin par jour » soi-disant pour protéger le cœur, est une allégation dont le rapport bénéfice-risque devrait probablement être vérifié ».

 

Si l'étude, observationnelle, ne démontre que l’association -et non la relation- entre la consommation d'alcool et la FA, elle apporte une contribution importante à la compréhension des effets cardiovasculaires de l'alcool. Ces résultats interrogent notamment sur la consommation modérée qui permettrait « à la fois » de prévenir ou éviter la FA, et de maintenir en même temps les effets bénéfiques déjà documentés sur d'autres résultats cardiovasculaires ...

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