ALCOOLODÉPENDANCE : Pourquoi en buvant on devient psychorigide
Cette étude, menée par une équipe d’addictologues et de neurologues de l’Université du Texas révèle un effet bien particulier de l’alcool sur le cerveau : le trouble de la consommation d'alcool semble en effet altérer la flexibilité cognitive. L’équipe décrypte dans la revue Science Advances, comment certaines cellules cérébrales, les interneurones cholinergiques, régulent l'apprentissage et l'adaptabilité cognitive.
L’alcoolodépendance touche environ 400 millions de personnes dans le monde et est l'une des principales causes de maladies graves telles que le cancer, les maladies cardiovasculaires, les maladies du foie et les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Au-delà de ces impacts sur la santé physique, le trouble de la consommation d’alcool perturbe profondément certaines fonctions cérébrales essentielles à l'apprentissage, à la mémoire et à l'adaptabilité.
Des effets dramatiques de l'alcool sur la flexibilité cognitive
L’étude jette un nouvel éclairage sur la façon dont la consommation chronique d'alcool altère certaines voies de signalisation cérébrale impliquées dans la flexibilité cognitive/ À l’aide d’outils avancés tels que l’optogénétique, qui utilise la lumière pour contrôler l’expression des gènes et les cellules, les chercheurs constatent :
- le rôle clé de certaines cellules, les interneurones cholinergiques (CINs : cholinergic interneurons) dans ce processus d’adaptation cognitive ;
- l’alcool perturbe la capacité d’adaptation du cerveau en modifiant les schémas de déclenchement des CINs : ces neurones spécialisés libèrent de l’acétylcholine, un neurotransmetteur clé et sont des gardiens essentiels du striatum du cerveau, une région impliquée dans l’apprentissage et la motivation axée sur la récompense et module la signalisation de la dopamine.
- ainsi, la stimulation des CINs chez des animaux modèles d’alcoolodépendance induit un déclenchement modifié de ces CINs qui s’activent selon un schéma de « rafale-pause » perturbé, avec des pauses plus courtes et plus faibles, ce qui nuit aux processus d’apprentissage de base, dont l’adaptabilité.
« L’apprentissage par inversion est une pierre angulaire de la flexibilité cognitive »,
expliquent les chercheurs, « il permet aux individus de désapprendre des comportements lorsque la situation change ».
Cette recherche révolutionnaire révèle ainsi comment
« l’alcool sape ces mécanismes d'adaptation »,
et apporte une nouvelle perspective sur les effets cognitifs de l’alccoolodépendance.
Quelles implications ? Ces résultats suggèrent des cibles thérapeutiques possibles pour traiter les troubles cognitifs associés l’alcool : comme la dynamique de rafale et de pause des CINs -qui pourrait être restaurée-.
Prochaine étape : l’équipe va explorer comment la dynamique des CINs impacte la santé du cerveau.
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