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ALIMENTS ULTRA-TRANSFORMÉS : Génération X, première génération addict

Actualité publiée il y a 3 jours 22 min 46 sec
Addiction
De nombreux seniors, notamment les femmes de la génération X (nées entre 1965 et 1980) présentent tous les signes d'une addiction élevée aux aliments ultra-transformés (Visuel Adobe Stock 236895021)

De nombreux seniors, notamment les femmes de la génération X (nées entre 1965 et 1980) présentent tous les signes d'une addiction élevée aux aliments ultra-transformés. C’est la conclusion de cette vaste étude menée à l’Université du Michigan, qui confirme aussi non seulement un surpoids mais aussi une mauvaise santé mentale chez ces addicts à la junk food.

 

Cette recherche se concentre sur les effets des aliments ultra-transformés et la génération X est bien la première génération à avoir grandi exposée à ce type d’aliments riches en matières grasses, en sel, en sucre et en arômes. Ils étaient enfants et jeunes adultes à une époque où ces produits ont émergé sur le marché.

21 % des femmes et 10 % des hommes de la génération X dépendants aux aliments ultra-transformés

L'étude s'appuie sur des données représentatives à l'échelle nationale, provenant de plus de 2.000 répondants au sondage national de l'Université du Michigan U-M National Poll on Healthy Aging. L’objectif était de mesurer la dépendance alimentaire de cette génération aux aliments transformés. Les chercheurs ont utilisé l'Échelle de dépendance alimentaire Yale 2.0 modifiée (mYFAS 2.0), un outil standardisé permettant de diagnostiquer les troubles liés à l'usage de substances. Cette échelle adaptée à l’alimentation a permis d’interroger les participants sur 13 types expériences vécues avec des aliments et des boissons ; ces expériences, telles que le craving, des tentatives répétées et infructueuses de réduire sa consommation, des symptômes de sevrage et l'évitement des activités sociales par peur de trop manger, définissent la dépendance. Ainsi, dans ce cas précis, la « substance » n'est ni l'alcool ni la nicotine, mais des aliments ultra-transformés très gratifiants comme les sucreries, des aliments de restauration rapide et des boissons sucrées. L’analyse a donc permis de mettre en évidence la manière dont ces aliments peuvent rendre dépendant. Cette analyse constate :

 

  • 21 % des femmes et 10 % des hommes de la génération X aujourd'hui au début de la soixantaine, répondent aux critères de dépendance aux aliments ultra-transformés ;
  • ce taux est bien plus élevé que chez les adultes ayant grandi 1 ou 2 décennies plus tôt et n'ayant été exposés aux aliments ultra-transformés qu'à l'âge adulte ;
  • parmi ces adultes plus âgés, seulement 12 % des femmes et 4 % des hommes répondent en effet aux critères de cette dépendance aux aliments ultra-transformés ;
  • les femmes âgées de 50 à 80 ans déclarant être en surpoids sont plus de 11 fois plus susceptibles de répondre aux critères d'une dépendance aux aliments ultra-transformés ; les hommes déclarant être en surpoids, 19 fois plus susceptibles ;
  • tous âges confondus, 33 % des femmes se déclarant en surpoids, 13 % des femmes se déclarant en léger surpoids et 17 % des hommes se déclarant en surpoids répondent aux critères d'une dépendance aux aliments ultra-transformés ;
  • les hommes déclarant une santé mentale passable ou mauvaise sont 4 fois plus susceptibles de répondre aux critères de cette dépendance aux aliments ultra-transformés ; les femmes, près de 3 fois plus susceptibles ;
  • les hommes déclarant une santé physique moyenne ou mauvaise sont 3 fois plus susceptibles de répondre aux critères d'une dépendance aux aliments ultra-transformés, et les femmes, près de 2 fois plus ;
  • enfin, les hommes et les femmes déclarant souffrir d’isolement social, sont plus de 3 fois plus susceptibles de répondre aux critères de la dépendance aux aliments ultra-transformés.

 

" Ainsi, chez les personnes âgées de 45 à 60 ans, la prévalence de la dépendance aux aliments ultra-transformés est élevée », conclut l’un des auteurs principaux, Lucy K. Loch, chercheur au département de psychologie de l'Université du Michigan.

 

Alors que d’autres recherches ont établi des liens clairs entre la consommation de ces aliments et le risque de maladies chroniques et de décès prématuré, il est important d'étudier la dépendance aux aliments ultra-transformés dans cette tranche d'âge.

 

Une prévalence plus élevée chez les femmes : les auteurs expliquent cette prévalence plus élevée chez les femmes vs les hommes, par le ciblage plutôt sur les « ménagères » des campagnes de communication pour faire connaître ces produits. Les femmes aujourd'hui âgées de 50 à 64 ans pourraient avoir été exposées aux aliments ultra-transformés pendant une période de développement sensible, ce qui pourrait aussi expliquer ces différences.  

 

 « Nous observons également un lien clair avec la santé et l'isolement social, avec des risques beaucoup plus élevés de dépendance aux aliments ultra-transformés chez les personnes qui qualifient leur état de santé mentale ou physique de passable ou mauvais, ou qui déclarent se sentir parfois ou souvent isolées ».

Ces résultats sont préoccupants.

Existe-t-il des périodes de développement critiques où l'exposition à ces aliments ultra-transformés est particulièrement risquée en termes de dépendance ?

 

« Les enfants et les adolescents d'aujourd'hui consomment des proportions de calories provenant d'aliments ultra-transformés encore plus élevées que les adultes d'âge moyen d'aujourd'hui dans leur jeunesse. Si les tendances actuelles se poursuivent, les générations futures pourraient présenter des taux de dépendance aux aliments ultra-transformés encore plus élevés et tout au long de la vie ».

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