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ALLERGIES: Sucer son pouce peut les repousser

Actualité publiée il y a 3 années 4 mois 1 semaine
Pediatrics

Sucer son pouce ou se ronger les ongles pourrait-il contredire, chez l’enfant l’hypothèse de l’hygiène et le mettre suffisamment en contact avec les pathogènes pour réduire son risque d’allergies à l’enfance et plus tard dans la vie ? Partiellement. Cette étude néozélandaise et canadienne rapporte en effet un lien entre ces habitudes « pas forcément hygiéniques » de l'enfance et un taux plus faible d'allergies, mais pas de toutes les allergies. Des données présentées dans la revue Pediatrics, qui confirment qu’une exposition raisonnable aux microbes pendant la petite enfance peut effectivement être bénéfique.

L'hypothèse de l'hygiène -qui consiste à trop préserver les nouveau-nés des allergènes ou des pathogènes, suggère ainsi un lien entre cette absence d'exposition et l'augmentation des maladies auto-immunes. L'amélioration des niveaux d'hygiène conduisent à un contact réduit avec les microbes qui va de pair avec une augmentation de l'incidence des maladies allergiques et auto-immunes, telles que le diabète de type 1. De nombreuses études ont documenté cette hypothèse, en montrant que les enfants vivant en contact avec des animaux de ferme vont développer moins d'allergies cours de leur vie. Une étude de l'Université d'Aarhus (Danemark) montre ainsi que ces enfants ont un risque réduit de maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI). L'exposition aux bactéries, tôt dans la vie, va donc jouer un rôle central dans le système immunitaire. Le microbiome intestinal a récemment été documenté comme une fenêtre précieuse pour la compréhension de ce lien. Cette nouvelle étude montre que quelques habitudes pas toujours « hygiéniques » de l'Enfance, comme sucer son pouce, peuvent mettre à mal cette hypothèse de l'hygiène, mais partiellement seulement.


Les chercheurs de l'Université d'Otago (Nouvelle Zélande) et de McMaster et St Joseph's Healthcare (Canada) ont renseigné ces pratiques chez 1.037 jeunes enfants, aux âges de 5, 7, 9 et 11 ans et évalués ensuite régulièrement, par tests cutanés, pour leur risque d'allergie à de nombreuses substances (acariens, poussière, herbe, poils, laine…) à 13 puis à 32 ans. Les enfants ont été considérés comme asthmatiques en cas de diagnostic, de symptômes spécifiques ou de traitement à l'âge de 9-10 ans. Les enfants ont été considérés comme ayant le rhume des foins, lorsque les parents le signalaient aux âges de 13 ou 32 ans. Enfin les chercheurs ont pris en compte les facteurs de confusion possibles, comme l'allaitement maternel, les allergies des parents ou le tabagisme au foyer,la présence d'un animal de compagnie etc…

L'analyse révèle que

· 31% des enfants (de l'étude) sucent leur pouce ou rongent leurs ongles,

· 45% des enfants ont montré une réaction à au moins l'une des substances allergiques à l'âge de 13 ans,

· 38% des enfants qui suçaient leur pouce ou rongeaient leurs ongles ont eu une réaction allergique cutanée durant la période de suivi, vs 49% chez les enfants qui n'avaient pas ces comportements.

· Cette prévalence est plus faible (31%) chez les enfants qui « font les deux ».

· Cependant, la prévalence de la sensibilité allergique était significativement plus faible chez les enfants avec la succion du pouce rapporté ou se ronger les ongles (38%) par rapport à ceux sans ces habitudes (49%). La prévalence la plus faible a été parmi ceux avec ces deux habitudes (31%).

· Dans l'ensemble, après ajustement avec les facteurs de confusion, ces 2 comportements chez l'enfant réduisent d'un tiers le risque de sensibilité allergique à 13 ans (OR : 0,64) et à 32 ​​ans (OR : 0,62).

· Si le lien est significatif pour les deux habitudes combinées, il ne reste significatif que pour la succion du pouce seule, que ce soit à 13 ou à 32 ans.

· Pour 2 types d'allergies, l'asthme et le rhume des foins, aucun lien n'a été constaté.

C'est donc une nouvelle confirmation de l'hypothèse de l'hygiène mais mitigée, en fonction des allergies.

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