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ALZHEIMER : Les promesses de médicaments du TDAH

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 2 jours
Journal of Neurology Neurosurgery & Psychiatry
Certains médicaments du trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) pourraient être efficaces dans la prise en charge de la maladie d'Alzheimer (Visuel Adobe Stock 296674661)

Cette analyse apporte de nouvelles preuves de l’efficacité de certains médicaments du trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) dans la prise en charge de la maladie d'Alzheimer. De premières preuves apportées dans le Journal of Neurology Neurosurgery & Psychiatry, qui, selon ces scientifiques de l’Imperial College London et de différentes universités britanniques, justifient de lancer de nouveaux essais cliniques sur l’efficacité de médicaments «noradrénergiques» dans la prise en charge des démences.

 

Car ces médicaments pourraient également traiter avec succès des aspects clés de la maladie d'Alzheimer, selon cette méta-analyse d’études publiées sur les noradrénergiques, qui comprennent des antidépresseurs et des médicaments pour traiter l'hypertension artérielle et le TDAH. Ces médicaments noradrénergiques ciblent le neurotransmetteur noradrénaline libéré par un réseau de neurones noradrénergiques spécifique, impliqué dans l'éveil et dans de nombreux processus cognitifs, notamment l'attention, l'apprentissage, la mémoire, la préparation à l'action et l’inhibition des comportements inappropriés.

La perturbation noradrénergique survient au début de la maladie d'Alzheimer

Ce processus contribue au développement de symptômes cognitifs et neuropsychiatriques caractéristiques de la maladie, ce qui suggère bien que le système noradrénergique serait une bonne cible pour le traitement médicamenteux.

 

L’étude : les scientifiques ont sélectionné les essais cliniques publiés entre 1980 et 2021 sur le sujet,  c’est-à-dire au cours desquels des médicaments noradrénergiques, tels que l'atomoxétine, le méthylphénidate et la guanfacine, avaient été utilisés pour tenter d’améliorer les symptômes cognitifs et/ou neuropsychiatriques de personnes atteintes de maladies neurodégénératives. 19 essais contrôlés randomisés impliquant 1.811 patients ont été retenus, puis 10 d’entre eux jugés de qualité suffisante impliquant 1.300 patients, regroupés pour la cognition globale – l’orientation/attention, la mémoire, la fluidité verbale, le langage et la capacité visuospatiale. Cette méta-analyse confirme :

  • un effet positif faible mais significatif des médicaments noradrénergiques sur la cognition globale,

tel que mesuré par le mini-examen de l'état mental ou l'échelle d'évaluation de la maladie d'Alzheimer (Mini-Mental State Exam et Alzheimer’s Disease Assessment Scale). Les résultats de 8 des essais cliniques, impliquant 425 patients, consolidés pour évaluer les effets des médicaments sur le comportement et les symptômes neuropsychiatriques, l'agitation et l'apathie, révèle :

  • un effet positif important des médicaments noradrénergiques sur l'apathie,

même après avoir éliminé des facteurs de confusion possibles.

 

Ainsi, le repositionnement de médicaments noradrénergiques établis est une voie prometteuse de traitements efficaces dans la maladie d'Alzheimer pour le maintien de la cognition générale et la réduction de l'apathie. Avec, cependant, la prise en compte de certains facteurs : notamment le ciblage approprié de groupes spécifiques de patients et la compréhension des effets selon la dose et de leurs interactions possibles avec les autres traitements, toujours dans le but de limiter les effets indésirables et d’optimiser les avantages de ces médicaments noradrénergiques.

 

De premières données qui justifient de lancer d'autres essais cliniques sur les effets des noradrénergiques dans la maladie d'Alzheimer.

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