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ALZHEIMER: L’espoir du Sargramostime

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 6 jours
Alzheimer's & Dementia: Translational Research and Clinical Interventions
Le Sargramostime à base de protéine humaine GM-CSF est utilisé pour stimuler la moelle osseuse à produire plus de globules blancs macrophages (Visuel) et granulocytes (Visuel NIH)

Cet essai mené par une équipe de neurologues de l'Université du Colorado Anschutz (UC) apporte un début d’espoir dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer : un médicament, le Sargramostime (GM-CSF- Leukine®),à l’effet immunostimulateur semble améliorer, de manière significative cognition des patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Des données présentées dans la revue Alzheimer's & Dementia qui suggèrent aussi que la stimulation du système immunitaire inné et la modulation de l'inflammation pourraient être des approches prometteuses dans le traitement de « l’Alzheimer ».

 

Les participants de cet essai clinique déclarent une amélioration de la mémoire et de la capacité de fonctionnement au quotidien avec la prise de Sargramostime, un médicament indiqué pour stimuler les globules blancs après un traitement contre le cancer. Ce médicament comprend une protéine humaine naturelle produite par la technologie de l'ADN recombinant (GM-CSF : granulocyte-macrophage colony stimulating factor).  

Une nouvelle approche et un candidat prometteur

L’objectif de l'essai clinique était d'examiner l'impact de cette protéine humaine « facteur de stimulation des colonies de granulocytes et de macrophages » chez des patients atteints de la maladie d'Alzheimer.

 

Pourquoi la protéine GM-CSF ? GM-CSF est trouvée à des niveaux élevés chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde chez qui la prévalence de la maladie d'Alzheimer est plus faible. De plus, des études précliniques ont montré que la protéine réduit le dépôt amyloïde chez des souris modèle d’Alzheimer et peut même inverser la perte cognitive en quelques semaines, précise l’auteur principal, le Dr Huntington Potter, directeur de l’Alzheimer's and Cognition Center de l’UC. Deux raisons pour lesquelles les chercheurs ont entrepris cet essai.

 

Le Sargramostime : la protéine humaine GM-CSF est le principe actif du médicament Sargramostime, utilisé pour stimuler la moelle osseuse à produire plus de globules blancs macrophages et granulocytes, ainsi que des cellules progénitrices qui réparent les vaisseaux sanguins. Ces globules blancs circulent dans tout le corps et éliminent les cellules, les bactéries et les dépôts amyloïdes toxiques, et favorisent la réparation des vaisseaux sanguins endommagés et du cerveau.

 

L'essai de phase II randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo a testé l'innocuité et l'efficacité du traitement par Sargramostime chez des participants atteints d’une maladie d'Alzheimer légère à modérée. Les participants ont été répartis pour recevoir des injections de Sargramostime (20 participants ont pris une dose standard de 250 mcg / m2 / jour par injection sous-cutanée, 5 fois par semaine pendant 3 semaines) ou un placebo (20 participants ont reçu une solution saline). Les scientifiques ont suivi plusieurs biomarqueurs neurologiques, neuropsychologiques, cellulaires, liés aux cytokines, pathologiques et de neuroimagerie. Cette analyse constate que le traitement à court terme par Sargramostime

  • augmente les cellules immunitaires, module les niveaux de cytokines et est sûr et bien toléré par les participants ;
  • entraîne une amélioration rapide de la mémoire cognitive (estimée à 2 points sur la base du test Mini-Mental State Exam sur 30 points) ;
  • les biomarqueurs sanguins de la maladie d'Alzheimer (niveaux d’amyloïde cérébrale, enchevêtrements et neurodégénérescence) se rétablissent à la normale.

 

Ainsi, le traitement à court terme par Sargramostime conduit à une activation du système immunitaire inné, à une amélioration de la cognition et de la mémoire, et à une normalisation des biomarqueurs sanguins de la pathologie amyloïde et tau et à une résorption des lésions neuronales chez les participants atteints d’une forme légère à modérée de la maladie d’Alzheimer.

 

Cet essai laisse espérer à la fois un candidat prometteur et une nouvelle approche thérapeutique, à confirmer en phase III.

 

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