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ANESTHÉSIE : Un risque de se réveiller pendant la chirurgie ?

Actualité publiée il y a 8 mois 1 semaine 6 jours
Cell Systems
Le risque d’événement durant une anesthésie est extrêmement rare et inférieur aux taux d’événement indésirable moyen associé à une intervention chirurgicale ou à un simple traitement médical (Visuel Adobe Stock 162720407)

Le risque d’événement durant une anesthésie est extrêmement rare et inférieur aux taux d’événement indésirable moyen associé à une intervention chirurgicale ou à un simple traitement médical. Cependant, des millions de chirurgie sont effectuées chaque année et il reste crucial pour les équipes chirurgicales d’être tout à fait certaines que le patient est réellement inconscient. Cette équipe d’anesthésistes de l’Université de Wisconsin-Madison s’est penchée sur la question et propose ici, dans la revue Cell Systems, un moyen plus fiable de mesurer la conscience.

 

Si l’anesthésie est l’une des spécialités les mieux encadrées et les plus sûres, une petite proportion de patients opérés retrouve une certaine conscience pendant les procédures médicales, rappelle l’auteur principal, Yuri Saalmann, professeur de psychologie et de neurosciences à l'Université du Wisconsin-Madison. Ainsi, en France, le risque d’événement en anesthésie est estimé de l’ordre de 1 sur 100.000 à 200.000. Ces chercheurs proposent donc un mode de surveillance de l'activité cérébrale représentant la conscience, pour éviter au patient tout risque de surprise durant l'intervention.

Une nouvelle signature de l’état de conscience.

Si l’état inconscient comme le sommeil, est caractérisé par des ondes lentes d'activité électrique dans le cerveau, ces signaux ne sont pas toujours déterminants dans un certain nombre de conditions, avec différents anesthésiques, ou chez des patients atteints de lésions cérébrales. L’équipe a donc enregistré l'activité électrique de 1.000 neurones dans le cerveau d'une paire de singes au Wisconsin National Primate Research Center pendant plusieurs états de conscience :

  • sous anesthésie médicamenteuse,
  • en cas de sommeil léger,
  • en situation d’éveil au repos,
  • lors du réveil de l'anesthésie.

 

Cortex pariétal, striatum et thalamus: ces données recueillies dans plusieurs régions du cerveau et différents états de conscience ont permis d’élaborer, avec l’aide de l’intelligence artificielle, une signature complète de l’état de conscience. Cette signature révèle que les caractéristiques de l’état de conscience «pointent » loin du cortex frontal, la partie du cerveau généralement surveillée pour maintenir l’anesthésie générale chez les patients humains : les chercheurs proposent ici de poser les électrodes de surveillance plutôt à l'arrière de la tête : « nous avons appris que l'arrière du cerveau et les zones profondes du cerveau sont plus prédictives de l'état de conscience que l'avant du cortex ».

 

Ce mode de surveillance permet également des évaluations plus précises des patients sous anesthésie : «Au-delà de la simple détection de l'état de conscience, ces données pourraient améliorer les résultats thérapeutiques des personnes souffrant de troubles de la conscience. Nous pourrions également les utiliser pour optimiser les schémas électriques grâce à une stimulation cérébrale précise pour aider les patients dans le coma à maintenir un niveau de conscience continu ».

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