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ASPIRINE : Peut-elle à faible dose permettre de prolonger la vie ?

Actualité publiée il y a 1 année 9 mois 3 semaines
NEJM
Les directives cliniques rappellent les avantages de l’aspirine pour prévenir les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux chez les personnes souffrant de maladies vasculaires telles que les coronaropathies.

On pourrait en effet penser qu’une faible dose quotidienne d’aspirine, chez les personnes âgées, est favorable à la santé cérébrovasculaire et peut avoir un effet positif sur la durée de vie en bonne santé. 3 articles publiés dans le New England Journal of Medicine nous livrent les premiers résultats de la cohorte ASPREE (ASPirin in Reducing Events in the Elderly), une vaste étude financée par les US National Institutes of Health (NIH).

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ASPREE est un vaste essai clinique, international, randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo visant à déterminer les risques et les avantages de l'aspirine quotidienne à faible dose chez des personnes âgées en bonne santé, exemptes d’antécédents d’événements cardiovasculaires. Les directives cliniques rappellent les avantages de l’aspirine pour prévenir les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux chez les personnes souffrant de maladies vasculaires telles que les coronaropathies. Mais qu'en est-il de ses effets sur le risque de mortalité prématurée ? Cette première analyse suggère que l'aspirine ne permet pas de prolonger la vie, en bonne santé et en toute autonomie, c’est-à-dire sans démence ou incapacité physique persistante. Cependant, le risque de décès reste variable selon les causes et nécessitera, soulignent les chercheurs, une analyse plus approfondie et un suivi supplémentaire des participants.

 

Les équipes de l’Université Monash (Melbourne), en Australie, du Hennepin Healthcare (Minneapolis), du National Institute on Aging (NIA/NIH) et le National Cancer Institute (NCI/NIH) ont suivi durant près de 5 ans, 19.114 personnes âgées de 65 ans et plus à l’inclusion, dont 16.703 en Australie et 2.411 aux États-Unis. Lors de l'inclusion, les participants étaient exempts de démence ou de handicap physique et de toute affection nécessitant l'utilisation d'aspirine. L’analyse montre que :

 

  • chez l’ensemble des participants, le traitement par 100 mg d'aspirine par jour n'a pas affecté la survie sans démence ni handicap ;
  • parmi les participants assignés au hasard à prendre de l'aspirine, 90,3% sont restées en vie à la fin du traitement sans incapacité physique ou démence vs contre 90,5% pour les participants du groupe témoin (placebo) ;
  • les taux d'incapacité physique et de démence s’avèrent presque identiques dans les 2 groupes ;
  • cependant, le groupe prenant de l'aspirine présente un risque accru de décès par rapport au groupe placebo : 5,9% des participants prenant de l'aspirine vs 5,2% prenant un placebo. Cet effet de l'aspirine n'avait jamais été relevé dans de précédentes études e les chercheurs précisent que ces résultats sont à prendre avec prudence.
  • Ce taux de mortalité plus élevé dans le groupe traité est principalement lié à un taux plus élevé de décès par cancer. Une petite augmentation des nouveaux cas de cancer a été rapportée dans le groupe prenant de l'aspirine, cette augmentation semble peu significative.
  • les taux d'événements cardiovasculaires majeurs - maladies coronariennes, crises cardiaques non mortelles et accidents vasculaires cérébraux ischémiques fatals et non fatals sont similaires dans les groupes aspirine et placebo. Dans le groupe aspirine, 448 participants ont subi des événements cardiovasculaires, vs 474 dans le groupe placebo.
  • Le risque de saignement important est plus élevé avec l’utilisation de l'aspirine, principalement dans le tractus gastro-intestinal et le cerveau. Des hémorragies cliniquement significatives - AVC hémorragique, hémorragies cérébrales, hémorragies gastro-intestinales ou hémorragies à d'autres sites nécessitant une transfusion ou une hospitalisation - sont survenues chez 361 personnes (3,8%) sous aspirine vs 265 (2,7%) sous placebo.

 

 

La poursuite de suivi des participants à ASPREE est cruciale, concluent les chercheurs, en particulier parce que les effets à long terme sur les risques tels que le risque de cancer et de démence peuvent différer de ceux observés jusqu'à présent.

En synthèse, ces premiers résultats contribuent à préciser le rôle de l'aspirine dans la prévention des maladies chez les personnes âgées, mais il reste encore beaucoup à apprendre…

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