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ASTHME : L’obésité affecte la réponse aux stéroïdes inhalés

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 6 jours
European Respiratory Society International Congress
Les enfants qui souffrent d’asthme sont moins susceptibles de réagir aux stéroïdes inhalés s'ils sont en surpoids ou obèses et risquent des crises d'asthme plus fréquentes (Visuel Adobe Stock 113536716)

Le surpoids et l'obésité peuvent affecter la réponse des enfants asthmatiques aux stéroïdes inhalés, en d’autres termes, les enfants qui souffrent d’asthme sont moins susceptibles de réagir aux stéroïdes inhalés s'ils sont en surpoids ou en obésité. Ces enfants « font » des crises d'asthme plus fréquentes, selon cette étude d’une équipe de l'Université de Montréal, présentée au congrès international digital de l'European Respiratory Society. Des conclusions qui appellent à des modifications urgentes dans les directives de traitement des enfants asthmatiques à IMC plus élevé, avec notamment des alternatives thérapeutiques pour ce groupe de jeunes patients.

 

L'étude internationale est la première à utiliser des données sur les variantes génétiques liées à l'indice de masse corporelle (IMC) pour déterminer si une mauvaise réponse aux corticoïdes inhalés peut être corrélée à un excès de poids ou à d'autres facteurs, tels qu’une mauvaise qualité de l'air de l’environnement de vie ou encore l’exposition au tabagisme passif.

 

L’auteur principal, le Dr Cristina Longo, chercheur au Centre médical universitaire d'Amsterdam puis professeur à l'Université de Montréal rappelle la relation réciproque entre l’asthme et le surpoids : « les enfants asthmatiques et dont les symptômes sont mal contrôlés ont tendance à prendre du poids parce qu'ils font moins d'exercice. Les enfants asthmatiques en surpoids ou obèses sont plus susceptibles de développer des symptômes plus graves en dépit du traitement par corticoïdes inhalés, ce qui rend non seulement difficile le maintien ou l’atteinte d'un poids santé, mais aussi de leur qualité de vie".

L’équipe a analysé les données de 1.511 enfants asthmatiques, âgés de 2 à 16 ans, ayant participé à 5 études. Tous les enfants étaient traités par corticoïdes inhalés.

Une mauvaise réponse au traitement a été définie comme :

une ou plusieurs crises d'asthme nécessitant des soins médicaux urgents et/ou une prescription de corticoïdes oraux.

Les chercheurs ont également pris en compte les données d’âge, de sexe, le diagnostic de l'asthme comportant ses caractéristiques. Un « score de risque génétique » ou de variantes génétiques liées à l'IMC a permis de prédire la tendance d’évolution de l'IMC de chaque enfant (et comment son IMC va s’éloigner de la valeur « normale » moyenne). Enfin, la technique de randomisation mendélienne a été utilisée pour rapprocher ces données d’IMC de celles de la réponse aux corticoïdes inhalés. L’analyse montre que :

 

  • 21% des enfants asthmatiques de l’étude, qui prenaient des corticoïdes inhalés, étaient obèses ;
  • la prévalence d’une mauvaise réponse aux corticoïdes inhalés varie de 20% à 80% selon les études ;
  • cependant cette mauvaise réponse aux corticoïdes inhalés fait plus que doubler pour chaque augmentation d'une unité du score d'IMC.

 

Cela suggère que chez ces enfants asthmatiques, le surpoids et l‘obésité amortissent la réponse aux corticoïdes inhalés. En conséquence, les directives de traitement actuelles qui recommandent les stéroïdes également pour les enfants asthmatiques qui ont un IMC supérieur à la normale méritent une révision. Des traitements alternatifs devraient être envisagés, ajoutent les chercheurs.

 

« Ces résultats suggèrent que les cliniciens doivent adopter une approche plus personnalisée pour traiter les enfants asthmatiques en surpoids et obèses. Les pédiatres et les spécialistes de l'asthme doivent savoir que les enfants ayant un IMC plus élevé pourraient prendre des corticoïdes inhalés sans aucun avantage particulier ».

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