CANCER de la PROSTATE : Un super test urinaire pour le détecter
Alors que de nombreuses équipes travaillent à des tests de détection, non invasifs, des différents types de cancer, cette équipe du Kimmel Cancer Center de l'Université Johns Hopkins, soutenue par les National Institutes of Health (NIH), présente, dans la revue EBioMedicine, un nouveau test urinaire, performant, permettant d’identifier les cancers de la prostate. Cette nouvelle méthode de dépistage du cancer de la prostate qui utilise ainsi des biomarqueurs urinaires, et qui pourrait être combinée au test PSA actuel, vise à réduire le recours aux biopsies invasives, souvent douloureuses et responsables d’effets indésirables.
Le cancer de la prostate, l'une des principales causes de décès chez les hommes est généralement détecté par des analyses sanguines mesurant le PSA, une protéine produite par les tissus cancéreux et non cancéreux de la prostate. Chez la plupart des hommes, un taux de PSA supérieur à 4,0 nanogrammes par millilitre est considéré comme anormal et peut nécessiter une biopsie de la prostate.
Cependant, « on sait que le test PSA n'étant pas très spécifique, des biopsies de la prostate sont souvent nécessaires pour confirmer un diagnostic de cancer », explique l’un des auteurs principaux, le dr Ranjan Perera, directeur du Centre de biologie de l'ARN du Johns Hopkins et professeur d'oncologie et de neurochirurgie à l'université Johns Hopkins. « Dans de nombreux cas, ces biopsies sont négatives et peuvent entraîner des complications imprévues ». Enfin, les tests PSA peuvent également motiver des traitements inutiles pour les cancers de la prostate de très bas grade, dont la croissance et la propagation à court terme sont très peu probables.
Une signature de 3 biomarqueurs
L’étude analyse des échantillons d'urine de patients atteints d'un cancer de la prostate avant et après une ablation de la prostate, ainsi que de personnes en bonne santé ce qui permet ici à l’équipe de Baltimore d’identifier une signature détectable avant, mais plus après l’intervention, ce qui confirme leur présence exclusive dans le tissu prostatique tumoral. Précisément, les chercheurs ont travaillé à partir d'une liste initiale de 815 gènes spécifiques de la prostate identifiés dans l'urine d'hommes atteints d'un cancer de la prostate, ont priorisé les 50 gènes les plus performants, puis les 9 premiers, et ont ensuite sélectionné les 3 gènes les plus performants : TTC3, H4C5 et EPCAM pour une analyse plus approfondie.
- Globalement, les niveaux d'expression de ces 3 biomarqueurs étaient significativement plus élevés dans les échantillons d'urine de patients atteints d'un cancer de la prostate que dans ceux des témoins en bonne santé. L'expression de chaque biomarqueur a diminué jusqu'à atteindre des niveaux faibles, voire indétectables, dans les échantillons prélevés après l’intervention chirurgicale.
La signature composée de 3 protéines, TTC3, H4C5 et EPCAM, permettrait donc de détecter efficacement la présence d'un cancer de la prostate.
L’étude teste ce panel de 3 biomarqueurs sur plusieurs groupes de patients :
- le test se révèle précis à 92 % ;
- le test permet d’identifier avec précision le cancer de la prostate dans 91 % des cas ;
- sa spécificité est remarquable : le test identifie également avec précision les personnes sans cancer de la prostate dans 84 % des cas ;
Explication : le gène TTC3 joue un rôle dans la division cellulaire asymétrique des cellules cancéreuses, le H4C5 dans la modulation de la structure de la chromatine et l'EPCAM est une protéine fortement surexprimée dans de nombreux cancers humains qui prennent naissance dans le tissu épithélial tapissant la surface des organes et des structures de l'organisme.
Cette nouvelle signature offre un test diagnostique prometteur, sensible, spécifique et non invasif pour le cancer de la prostate.
« Ce test va permettre de réduire les biopsies inutiles, d'améliorer la précision du diagnostic chez les patients PSA négatifs et de servir de base aux tests diagnostiques développés en laboratoire et in vitro », concluent les chercheurs.
Les chercheurs étudient maintenant comment le panel de biomarqueurs pourrait être utilisé seul ou associé à un test PSA pour créer un « super PSA »…
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