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CANCER de la VESSIE : La biopsie liquide urinaire plutôt que la cytologie

Actualité publiée il y a 4 mois 1 semaine 6 jours
Clinical Cancer Research
L’analyse de la variation du nombre de copies d'ADN (CNV) dans les cellules exfoliées présentes dans l'urine apporte une meilleure sensibilité et une spécificité similaire dans la détection du carcinome urothélial par rapport à la cytologie urinaire (Visuel Adobe Stock 334065984)

Cette équipe d’urologues de l'hôpital de Shanghai montre que l’analyse de la variation du nombre de copies d'ADN (CNV) dans les cellules exfoliées présentes dans l'urine apporte une meilleure sensibilité et une spécificité similaire dans la détection du carcinome urothélial par rapport à la cytologie urinaire. Ce travail à paraître dans la revue Clinical Cancer Research ouvre une nouvelle voie diagnostique, non invasive mais tout aussi efficace de ce cancer souvent détecté tardivement.

 

Car la cytologie urinaire, largement utilisée pour dépister le cancer de la vessie, a une spécificité élevée mais manque de sensibilité, en particulier pour les cancers de bas grade. L’autre alternative est la cystoscopie, plus précise que la cytologie, mais qui est une procédure invasive, à risque de complications pour le patient et plus coûteuse. La biopsie liquide se révèle, une nouvelle fois, un moyen peu coûteux et non invasif détecter mais aussi surveiller l’évolution du cancer de la vessie.

Vers une biopsie des cellules exfoliées présentes dans l'urine

Les cellules exfoliées présentes dans l'urine sont en fait un mélange cellulaire complexe qui comprend aussi des cellules tumorales excrétées de la muqueuse de la vessie. Leur analyse peut donc apporter de précieux indices sur le développement éventuel d'un cancer de la vessie. Les variations de nombre de copies (CNV) permettent de caractériser de nombreux cancers. Les chercheurs chinois ont donc développé un test permettant de détecter les niveaux de CNV dans l'ADN des cellules exfoliées issues de l'urine.

 

Ce test, nommé UroCAD, commence naturellement par la prise d’un échantillon d'urine ; après sédimentation de l’urine et extraction de l’ADN, celui-ci est analysé à l'aide d'un séquençage du génome entier. Le test repose sur la détection des niveaux de CNV, et non sur l'identification d'altérations génétiques spécifiques.

Testé chez 190 patients dont 126 atteints de carcinome urothélial et 64 exempts de cancer, le test :

  • n’a détecté aucune charge significative de CNV chez les témoins exempts de cancer ;
  • a identifié un carcinome urothélial avec une sensibilité et une spécificité de 82,5% et 96,9%, respectivement, chez le groupe de patients atteints.
  • réévalué ensuite sur une cohorte de validation comprenant 95 patients dont 56 avec carcinome urothélial et 39 témoins, UroCAD démontre une sensibilité significativement plus élevée (80,4% contre 33,9%) et une spécificité comparable (94,9% contre 100%) pour la détection du carcinome urothélial et vs la cytologie urinaire ;
  • de plus, chez 7 patients dont les tumeurs de bas grade étaient confinées à la couche épithéliale de la vessie (tumeurs pTa), UroCAD démontre une sensibilité de 71,4%, vs 0% pour la cytologie urinaire ;
  • enfin, la sensibilité d'UroCAD permet de renseigner sur le grade de la tumeur, de bas grade et de haut grade avec une sensibilité de 60% et 86,6%, respectivement ;
  • la sensibilité du test s’avère en corrélation avec la taille de la tumeur : la sensibilité de détection pour les tumeurs de 1 cm ou moins, les tumeurs entre 1 et 3 cm et les tumeurs supérieures à 3 cm s’élève à 66,7%, 72% et 95,5%, respectivement.

 

UroCAD pourrait donc permettre de réduire la fréquence des examens cystoscopiques, à défaut de les remplacer, concluent les chercheurs. L'utilisation d'UroCAD pour la surveillance du carcinome urothélial est actuellement en cours d'évaluation dans le cadre d'un essai clinique.

 

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